Mali–Sénégal : les Aigles défient le favori avec assurance et méthode
SENTV : À la veille du quart de finale très attendu face au Sénégal, le Mali avance sans complexe. En conférence de presse d’avant-match, le sélectionneur Thomas Saintfiet et le milieu de terrain Lassana Coulibaly ont livré un discours à la fois lucide et ambitieux, témoignant de la confiance mesurée qui anime le groupe malien à l’approche de ce choc continental.
Conscient du défi qui attend ses joueurs, le technicien belge n’a pas cherché à minimiser la qualité de l’adversaire. « Le Sénégal est l’une des meilleures équipes d’Afrique, avec une grande stabilité, une défense solide et des individualités de très haut niveau », a reconnu Saintfiet. Avant d’ajouter aussitôt : « Nous avons du respect, mais aucune peur. Le match a été sérieusement préparé. »
Depuis sa prise de fonctions, Thomas Saintfiet s’emploie à réinstaller une rigueur tactique au sein d’une sélection malienne longtemps jugée talentueuse mais irrégulière. Sans renoncer à l’idée de jeu, il revendique un pragmatisme assumé. « J’aime le beau football, mais gagner reste la priorité. Nous avons travaillé la discipline et l’organisation, qui faisaient parfois défaut par le passé », a-t-il expliqué.
Dans le vestiaire, Lassana Coulibaly incarne ce mélange d’expérience et de sérénité. Le milieu de terrain d’Almería connaît bien plusieurs cadres sénégalais pour les avoir côtoyés en club. « Le Sénégal fait partie des références du continent. Je connais leur mentalité et leur exigence », confie-t-il. « Mais nous avons nos propres atouts. Si nous sommes solides mentalement et physiquement, tout est possible. »
Porte-parole d’un groupe rajeuni mais solidaire, Coulibaly insiste sur la cohésion interne. « Il y a beaucoup d’échanges avec les jeunes. Nous avançons ensemble, avec un seul objectif : aller le plus loin possible et, pourquoi pas, décrocher enfin ce trophée. »
Un parcours sans défaite, mais riche en enseignements
Toujours invaincu dans la compétition, malgré une phase de groupes conclue par trois matches nuls, le Mali s’est distingué par sa capacité de résilience. « Contre le Maroc et la Tunisie, nous avons su revenir au score et montrer du caractère », rappelle Saintfiet. « Sur le papier, le Sénégal est favori. Sur le terrain, c’est un match ouvert. »
Seule grande nation africaine à ne jamais avoir remporté la Coupe d’Afrique des nations, le Mali nourrit aussi une motivation historique. « C’est peut-être notre moment », glisse le sélectionneur. « Le Sénégal possède des stars reconnues, mais mes joueurs ont aussi du talent et de l’ambition. Nous croyons en nos chances. »
À Tanger, ce quart de finale promet ainsi un duel intense et indécis, opposant un Sénégal au statut de favori assumé à un Mali déterminé à bousculer la hiérarchie et à écrire, enfin, une page majeure de son histoire footballistique.