SENTV : À un peu plus de quatre mois du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, les États-Unis ont officiellement lancé, mercredi, le « Pass FIFA », un mécanisme destiné à accélérer et à simplifier les démarches de visa pour les supporters détenteurs de billets souhaitant assister aux matchs disputés sur le sol américain. Le dispositif, annoncé en novembre dernier par Donald Trump, s’inscrit dans le cadre des préparatifs logistiques et sécuritaires du plus grand événement sportif de la planète.
Coorganisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique du 11 juin au 19 juillet 2026, cette édition historique du Mondial réunira 48 équipes et proposera 104 rencontres, dont 78 programmées aux États-Unis. Face à l’afflux attendu de plusieurs millions de visiteurs, les autorités américaines entendent éviter l’engorgement des services consulaires, en offrant aux détenteurs de billets un accès prioritaire aux rendez-vous de demande de visa.
Concrètement, le Pass FIFA ne constitue pas un visa automatique. Il vise avant tout à faciliter la prise de rendez-vous et à accélérer le traitement des dossiers, sans toutefois déroger aux règles de sécurité et d’immigration en vigueur. Les autorités américaines rappellent que chaque demande reste soumise à une évaluation individuelle.
Ce dispositif ne concerne cependant pas l’ensemble des supporters. Pour les ressortissants français et, plus largement, pour la majorité des citoyens européens, le Pass FIFA s’avère inutile. Les séjours touristiques de moins de 90 jours aux États-Unis ne requièrent pas de visa, mais uniquement une autorisation électronique de voyage (ESTA).
La situation est en revanche plus délicate pour les ressortissants de plusieurs pays africains et moyen-orientaux, dans un contexte marqué par le gel des procédures de visas d’immigration pour 75 États, décidé par l’administration américaine. Parmi les pays concernés figurent quinze nations qualifiées pour le Mondial 2026, dont l’Algérie, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Maroc, la Tunisie et le Sénégal.
Si Washington précise que cette suspension n’affecte ni les visas touristiques ni les visas d’affaires, les supporters issus de ces pays sont invités à anticiper leurs démarches et à se préparer à d’éventuelles lenteurs administratives, malgré l’existence du Pass FIFA.
La préoccupation est particulièrement vive pour les ressortissants d’Haïti et d’Iran, dont les pays figurent sur la liste des États soumis à des restrictions totales d’entrée sur le territoire américain. À l’inverse, pour des pays comme le Sénégal — récent vainqueur de la Coupe d’Afrique des nations — et la Côte d’Ivoire, les limitations restent partielles.
Du côté des équipes qualifiées, aucune entrave majeure n’est signalée : joueurs, encadrements techniques et officiels bénéficieront de procédures spécifiques leur garantissant l’accès au territoire américain. Pour les supporters, en revanche, le parcours demeure incertain. Même munis du Pass FIFA et d’un billet valide, aucune garantie d’obtention de visa n’est assurée.
À l’approche de la Coupe du monde 2026, le Pass FIFA apparaît ainsi comme un outil d’accompagnement plus que comme une solution miracle, illustrant l’équilibre délicat entre ouverture sportive, impératifs sécuritaires et réalités migratoires.