SENTV : Le Premier ministre Ousmane Sonko a vivement condamné la diffusion dans l’espace public de bulletins de santé et de procès‑verbaux d’enquête concernant des prévenus, qualifiant ces fuites de violation du secret médical et du secret de l’instruction. Dans une déclaration officielle, le chef du gouvernement a interpellé le procureur de la République pour qu’il fasse toute la lumière sur ces divulgations et identifie les responsables.
Des documents normalement strictement confidentiels ont circulé dans l’opinion avant même la fin des procédures judiciaires en cours, portant atteinte aux droits des justiciables et fragilisant le principe fondamental de confidentialité qui organise à la fois la protection des données médicales et le déroulement normal des enquêtes judiciaires.
Un rappel aux règles de l’État de droit
Le Premier ministre a rappelé que le respect du secret médical et du secret de l’instruction n’est pas seulement une norme déontologique, mais également une exigence légale qui protège la vie privée des personnes mises en cause et garantit l’intégrité des enquêtes. Il a qualifié la situation de « préoccupation grave pour l’État de droit » et insisté sur la nécessité que la justice prenne « toutes les mesures appropriées » pour prévenir de telles dérives à l’avenir.
Ousmane Sonko a aussi insisté sur le fait que la fuite de ces documents peut compromettre non seulement les enquêtes en cours, mais aussi la confiance des citoyens dans l’appareil judiciaire et les institutions étatiques. Il a invité les autorités judiciaires à renforcer les mécanismes de protection des informations sensibles et à sanctionner toute personne impliquée dans leur divulgation.
Cette sortie du chef du gouvernement intervient dans un contexte où les débats sur la transparence des procédures judiciaires et la protection des données personnelles sont de plus en plus vifs au Sénégal. Elle s’inscrit aussi dans un mouvement plus large de l’exécutif visant à rappeler aux différents acteurs l’obligation de veille sur les documents sensibles, comme cela avait déjà été évoqué par le Premier ministre lors de conseils gouvernementaux passés, où il avait appelé à une meilleure sécurisation des pièces judiciaires.
L’affaire, qui connaît un retentissement particulier au sein de l’opinion publique, reste pour l’instant entre les mains du procureur, qui devra établir l’origine des fuites et déterminer si des sanctions pénales ou disciplinaires sont justifiées.