Réforme de la régulation : le futur CNRM veut encadrer la mesure d’audience et sécuriser les revenus publicitaires

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SENTV : La réforme du paysage médiatique sénégalais franchit une nouvelle étape. Le futur Conseil national de régulation des médias (CNRM) entend élargir ses prérogatives en devenant un véritable arbitre économique, notamment à travers l’encadrement de la mesure et de la certification des audiences.

L’information figure dans l’exposé des motifs du projet de loi dont l’Agence de presse sénégalaise (APS) a obtenu copie. Le texte sera examiné en séance plénière à l’Assemblée nationale du Sénégal ce mardi.

Appelé à remplacer le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA), le CNRM ne se limiterait plus à un rôle classique de contrôle et de sanction.

Selon le document consulté, la future autorité « encadre la mesure et la certification des audiences, un élément central dans une économie médiatique numérique où l’audience détermine les revenus publicitaires ».

En clair, il s’agirait de réguler un levier stratégique : la donnée d’audience, devenue la clé de répartition des investissements publicitaires dans un environnement dominé par le numérique.

Protéger les médias locaux face aux plateformes étrangères

L’exposé des motifs met en avant un objectif économique assumé : protéger les médias locaux contre la captation des recettes publicitaires par des plateformes étrangères opérant dans l’espace numérique sénégalais.

Dans un contexte où les géants du numérique concentrent une part croissante des budgets publicitaires, l’encadrement de la mesure d’audience vise à instaurer des règles plus équitables et transparentes, susceptibles de consolider la viabilité financière des entreprises de presse nationales.

Une autonomie financière affirmée

Le projet de loi insiste également sur l’autonomie financière du CNRM, qui serait assurée par « les redevances et les sanctions pécuniaires ».

Cette autonomie devrait permettre à l’institution d’investir dans des outils techniques de veille et de monitoring, afin d’assurer « une régulation continue des radios et des contenus numériques, indépendamment de leur lieu d’émission ou d’hébergement ».

Une disposition qui traduit la volonté des pouvoirs publics d’adapter le cadre juridique aux réalités de la diffusion numérique transfrontalière.

Le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, est attendu devant les députés pour défendre le projet de loi.

L’examen parlementaire s’annonce stratégique, tant la réforme touche à l’équilibre entre liberté de la presse, souveraineté numérique et régulation économique d’un secteur en mutation rapide.

Si le texte est adopté, le CNRM deviendra l’organe central de régulation de l’ensemble des médias – audiovisuels comme numériques – marquant une refonte majeure du dispositif institutionnel hérité du CNRA.

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