Santé au Sénégal : maladies non transmissibles et infections, un double fléau qui tue

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SENTV : Alors que le débat public se focalise souvent sur les défis économiques et politiques, le fardeau des maladies continue d’être l’une des réalités les plus lourdes pour les Sénégalais, avec des conséquences humaines, sociales et économiques très préoccupantes. Selon les données disponibles sur les causes de mortalité au Sénégal, les affections cardio‑vasculaires, le cancer et d’autres maladies non transmissibles dominent désormais le paysage, dépassant même certaines maladies infectieuses historiquement redoutées dans la région.

Cardiopathies et AVC en tête des causes de décès

Les maladies du cœur — notamment les cardiopathies coronariennes et les accidents vasculaires cérébraux (AVC) — figurent parmi les principales causes de décès au Sénégal. Ces affections cardiovasculaires, souvent liées à l’hypertension, au diabète et à des facteurs de mode de vie comme la sédentarité ou l’alimentation déséquilibrée, représentent une part significative des morts prématurées dans la population adulte.

Les données montrent également que les maladies non transmissibles (MNT) telles que les cancers, le diabète et les affections respiratoires chroniques sont responsables d’une proportion importante des décès annuels, parfois plus que le paludisme, la tuberculose et le VIH/Sida réunis.

Un contraste entre maladies chroniques et infections

Bien que les MNT soient désormais majoritaires, les maladies infectieuses restent présentes dans le bilan national de santé, notamment chez les enfants et les populations vulnérables. Parmi elles, le paludisme et certaines infections respiratoires ou diarrhéiques continuent d’entraîner des décès, en particulier dans les zones rurales ou chez les enfants de moins de cinq ans.

Plus récemment, une épidémie ponctuelle de fièvre de la vallée du Rift (RVF) — une maladie virale transmise par les moustiques — a causé plusieurs dizaines de morts humaines et confirmé l’importance de la surveillance épidémiologique face aux maladies émergentes.

Les jeunes aussi impactés

Les causes de mortalité ne sont pas uniformes selon l’âge : chez les enfants, les infections respiratoires, les maladies diarrhéiques, et les complications néonatales demeurent des causes fréquentes de décès, reflétant les défis persistants en matière de soins prénatals, nutrition et accès à l’eau potable.

Les professionnels de santé soulignent que le Sénégal fait face à un double fardeau : d’un côté, les maladies non transmissibles gagnent du terrain avec l’urbanisation, le vieillissement de la population et les changements de mode de vie ; de l’autre, les maladies infectieuses continuent d’affecter les populations les plus fragiles.

Les stratégies de santé publique — vaccination, prévention, dépistage précoce, et amélioration de l’accès aux soins — restent essentielles pour réduire ce lourd bilan. L’enjeu est d’autant plus grand que l’espérance de vie progresse, mais que les maladies chroniques deviennent des causes majeures de mortalité évitable.

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