Santé : vers une escalade sociale, les syndicats annoncent trois nouvelles journées de grève
SENTV : Le climat social se tend davantage dans le secteur de la santé au Sénégal. L’Alliance des Syndicats Autonomes de la Santé (ASAS) a annoncé une nouvelle série de mouvements d’humeur, marquant un durcissement de sa position face aux autorités étatiques.
Dans un communiqué officiel, la plateforme syndicale — qui regroupe notamment le SUTSAS, le SUDTM-Santé, le SAT Santé/D, le CNTS Santé et le SYTRACTS — a décrété une reconduction de la grève pour les mercredi 22, jeudi 23 et vendredi 24 avril 2026. Cette décision intervient après une évaluation jugée « non satisfaisante » du précédent arrêt de travail de 72 heures observé les 8, 9 et 10 avril.
Les syndicats dénoncent une gestion qu’ils qualifient de « dilatoire » de la crise, pointant du doigt plusieurs mesures prises par les autorités, notamment les réquisitions de personnel et les retenues sur salaires. Pour l’ASAS, ces actions traduisent une absence de volonté politique à répondre aux revendications des agents de santé.
Une stratégie de pression assumée
Face à ce qu’ils considèrent comme une impasse dans les négociations, les responsables syndicaux assument une montée en puissance du rapport de force. Ils estiment que seule une mobilisation accrue permettra d’obtenir des avancées concrètes.
Dans leur communication, ils évoquent également un précédent récent : la résolution du conflit dans le secteur des transports, qu’ils attribuent à une implication directe du chef de l’État. Un exemple qui, selon eux, renforce la nécessité d’un arbitrage au sommet de l’exécutif.
Un appel à l’intervention présidentielle
L’Alliance interpelle directement le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, l’exhortant à s’impliquer personnellement dans la résolution de la crise. Elle déplore, en parallèle, ce qu’elle perçoit comme un manque d’engagement du gouvernement et du Premier ministre dans la conduite des négociations.
Les syndicats rappellent que le secteur de la santé n’en est pas à sa première zone de turbulences. Ils font notamment référence aux tensions de 2018, qui avaient nécessité des mesures d’apaisement sous l’ère de Macky Sall, avec à la clé des discussions ayant abouti à une décrispation en 2019.
Un système sous tension
Alors que le bras de fer se prolonge, les inquiétudes grandissent quant à ses répercussions sur le fonctionnement des structures sanitaires. Déjà fragilisé, le système de santé pourrait subir de nouvelles perturbations, avec des conséquences directes sur la prise en charge des patients.
Tout en réaffirmant leur attachement à la continuité du service public, les syndicats insistent sur l’urgence d’une solution durable. En l’absence de compromis rapide, la crise pourrait s’inscrire dans la durée, au détriment des usagers.
Dans ce contexte, l’évolution des négociations dans les prochains jours sera déterminante pour éviter une paralysie prolongée du secteur.