Sénégal 2050 : Sonko érige le logement social en moteur de croissance et de cohésion territoriale
SENTV : Le logement social s’impose désormais comme un pilier stratégique de la transformation économique. En Conseil des ministres, le Premier ministre Ousmane Sonko a plaidé pour l’élaboration d’une véritable stratégie nationale du logement, adossée à l’Agenda Sénégal 2050.
Pour le chef du gouvernement, la filière du logement social dépasse la seule question de l’habitat : elle constitue un levier à fort effet d’entraînement, capable de stimuler l’emploi, l’industrie des matériaux de construction, les services financiers et l’aménagement du territoire.
Le constat est connu : le Sénégal fait face à un déficit chronique de logements, alimenté par une urbanisation rapide, une croissance démographique soutenue et un déséquilibre structurel entre l’offre et la demande. Les grandes agglomérations, notamment Dakar et Thiès, concentrent l’essentiel de la production formelle, accentuant les disparités territoriales.
À cela s’ajoutent des inégalités persistantes dans l’accès aux services urbains, au foncier sécurisé et aux mécanismes de financement adaptés aux ménages à revenus modestes ou intermédiaires.
Ousmane Sonko préconise une approche articulée autour de quatre axes majeurs :
Sécurisation foncière, afin de lever l’un des principaux freins à l’investissement immobilier ;
Réforme législative, pour adapter le cadre juridique aux réalités actuelles ;
Financement durable, en diversifiant les instruments au-delà du crédit hypothécaire classique ;
Équité sociale et territoriale, pour corriger la concentration des projets dans le corridor Dakar–Thiès.
Le modèle actuel, largement adossé au crédit bancaire hypothécaire, montre ses limites face à une population active dont une part importante évolue dans l’informel, avec des revenus irréguliers difficilement bancarisables.
Diversification de l’offre et inclusion des acteurs
Le Premier ministre propose la mise en place d’un programme de logements diversifiés, combinant accession sociale, location-accession et formules coopératives. L’objectif affiché est de rendre les mécanismes de financement et de commercialisation plus inclusifs.
Il a également insisté sur la nécessité de soutenir les coopératives d’habitat, les promoteurs privés et le secteur informel structuré, tout en résorbant les goulots d’étranglement administratifs qui ralentissent la délivrance des titres fonciers et des autorisations de construire.
Au-delà de la réponse à la demande sociale, le gouvernement voit dans le logement un vecteur de transformation économique. Chaque projet immobilier mobilise une chaîne de valeur étendue : cimenteries, sidérurgie, BTP, ingénierie, banques, assurances et services connexes.
En inscrivant le logement social au cœur de l’Agenda Sénégal 2050, l’exécutif ambitionne de faire de l’habitat un moteur de croissance inclusive, tout en répondant à un impératif de justice sociale.
Reste à traduire cette orientation politique en mécanismes opérationnels, capables de produire massivement des logements accessibles, sans creuser davantage les déséquilibres territoriaux ni alourdir la contrainte budgétaire. Le chantier est vaste, mais le cap est désormais clairement affiché.