Stratégie d’endettement 2026-2028 : le Sénégal réoriente sa dette vers des financements à coût maîtrisé
SENTV : Le Sénégal s’oriente vers une stratégie de prudence et de diversification dans la gestion de sa dette publique pour la période 2026-2028, en privilégiant le recours aux ressources concessionnelles, selon la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme rendue publique jeudi par le Comité national de la dette publique.
Cette option stratégique repose, selon le document officiel, sur l’hypothèse de la conclusion d’un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI). Un tel accord permettrait au pays d’accéder de manière accrue aux financements concessionnels proposés par les bailleurs multilatéraux et bilatéraux traditionnels, généralement assortis de conditions plus favorables en termes de coûts et de maturités.
À fin décembre 2024, le stock de la dette publique extérieure du Sénégal est évalué à 16.160,5 milliards de FCFA, représentant 81,2 % du Produit intérieur brut (PIB). Cette dette est constituée à 51 % de créances concessionnelles et semi-concessionnelles, contractées auprès de créanciers multilatéraux et bilatéraux, tandis que les dettes commerciales comptent pour 49 %, dont 18,3 % d’eurobonds et 11,2 % de crédits à l’exportation.
Parallèlement, l’encours de la dette intérieure s’élève à 7.506 milliards de FCFA, soit 37,7 % du PIB sur la même période, traduisant une sollicitation significative du marché domestique ces dernières années.
Selon les autorités, la stratégie retenue offre des perspectives favorables pour le refinancement des eurobonds, dont les premiers remboursements sont attendus à partir de 2026, tout en limitant les risques liés à un recours excessif aux financements intérieurs, susceptibles de peser sur la liquidité et les taux du marché local.
Le document précise en outre que le recours aux financements extérieurs à hauteur de 50 %, dans le cadre d’un programme avec le FMI, demeure compatible avec le développement du financement domestique ainsi que des mécanismes innovants, notamment les instruments liés à l’Environnement, au social et à la gouvernance (ESG), déjà expérimentés en 2024.
La stratégie nationale encourage également le développement des Partenariats public-privé (PPP), avec l’annonce de la création de l’Unité nationale d’appui aux partenariats public-privé (UNAPP) et l’élaboration de textes réglementaires destinés à mieux encadrer ces contrats.
Pour le gouvernement, un équilibre maîtrisé entre financements extérieurs et domestiques, en cohérence avec un programme du FMI, constitue « la meilleure option pour mobiliser les ressources nécessaires », tout en assurant la couverture des besoins de financement de l’année 2026 et la soutenabilité de la dette à moyen terme.