Titre contesté : le Sénégal saisit le TAS et engage un bras de fer juridique avec la CAF
SENTV : La bataille se déplace désormais sur le terrain juridique. La Fédération sénégalaise de football a officiellement déposé, mardi 24 mars, un recours auprès du Tribunal Arbitral du Sport (TAS), basé à Lausanne, pour contester la décision de la Confédération africaine de football de retirer au Sénégal son titre de champion d’Afrique.
L’information a été confirmée par Moussa Mbaye, membre du comité exécutif de la FSF, lors d’une intervention sur la chaîne publique RTS1. Selon lui, la démarche engagée se veut rigoureuse, méthodique et dénuée de toute émotion.
« Nous allons agir avec froideur et lucidité pour défendre les intérêts du Sénégal », a-t-il déclaré, insistant sur une stratégie juridique pensée sur le long terme.
Pour mener cette procédure, la FSF s’est entourée d’un collectif d’avocats spécialisés en droit du sport, dirigé par Seydou Diagne, reconnu pour son expertise devant le TAS.
Selon les responsables fédéraux, l’avocat principal n’en est pas à son premier succès dans ce type de contentieux. Il aurait notamment contribué à faire annuler des sanctions infligées par la CAF au Maroc, permettant à la sélection marocaine de réintégrer la compétition continentale après la crise liée à l’organisation de la CAN 2015.
Cette expérience constitue, pour la FSF, un levier stratégique majeur dans un dossier jugé sensible et complexe.
Une décision vivement contestée
À l’origine de cette procédure : la décision de la CAF d’attribuer le titre de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 au Maroc « sur tapis vert », entraînant la destitution du Sénégal. Une annonce qui avait suscité une réaction immédiate de la FSF, dénonçant dans un communiqué une décision « inique, sans précédent et inacceptable », de nature à entacher la crédibilité du football africain.
L’instance sénégalaise avait alors réaffirmé son attachement aux principes d’équité, de transparence et d’intégrité sportive.
D’après Moussa Mbaye, la FSF a reçu de nombreuses propositions d’assistance juridique, émanant d’avocats basés au Sénégal comme à l’étranger. Une mobilisation qui témoigne, selon lui, de l’ampleur de la controverse.
« Beaucoup estiment qu’il s’agit d’un scandale. Pour le bien du football africain, cela ne doit pas passer », a-t-il soutenu.
La décision du TAS n’est pas attendue avant plusieurs semaines. En attendant, la sélection nationale poursuit sa préparation en vue des échéances internationales, notamment dans la perspective de la Coupe du monde de football 2026.
Les Lions affronteront le Pérou le 28 mars au Stade de France, avant de croiser la Gambie le 31 mars au Stade Abdoulaye Wade.
Dans ce contexte tendu, l’issue de la procédure devant le TAS pourrait faire jurisprudence et redéfinir les contours de la gouvernance du football africain.