Traite humaine à Kédougou : une filière transnationale démantelée après la libération d’une jeune Nigériane
SENTV : Une opération ciblée menée par l’Antenne régionale de Kédougou de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a conduit au déferrement d’une femme devant le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Kédougou. La mise en cause est poursuivie pour association de malfaiteurs, complicité de faux, proxénétisme et traite de personnes, dans une affaire révélant les rouages d’un réseau criminel structuré opérant entre plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.
L’intervention fait suite à l’exploitation d’un renseignement opérationnel faisant état de la séquestration et de l’exploitation sexuelle d’une jeune fille de nationalité nigériane dans une concession située au village de Baytilaye, dans la région de Kédougou. Selon les premiers éléments de l’enquête, la victime aurait été introduite clandestinement sur le territoire sénégalais dans le but de l’exploiter à des fins de prostitution.
Dépêchée sur les lieux, la mission d’intervention de la DNLT a permis de libérer la victime et d’interpeller immédiatement sa logeuse, identifiée comme la principale instigatrice de l’exploitation. Lors de son audition, cette dernière a reconnu avoir acquis la jeune fille au Nigeria pour la somme de 500 000 FCFA, versée à un réseau de trafiquants opérant dans la sous-région.
Le parcours migratoire de la victime, organisé via le Bénin et le Mali, aurait bénéficié de complicités locales à chaque étape. Arrivée à Kédougou le 26 janvier 2026, la jeune fille s’est vue imposer une dette de servitude de 1 500 000 FCFA, présentée comme le remboursement des frais de voyage. Elle était contrainte de reverser l’intégralité de ses gains quotidiens à sa logeuse. En seulement quatre jours d’exploitation, la somme de 25 000 FCFA avait déjà été collectée.
Fait particulièrement révélateur du caractère mercantile de l’exploitation, la suspecte a déclaré avoir réinvesti ces premiers gains dans l’achat de vêtements à caractère suggestif, dans le but d’accroître la rentabilité de la victime.
Les investigations menées par les services spécialisés indiquent que la prévenue jouerait un rôle central dans un réseau de traite d’êtres humains s’étendant du Nigeria au Sénégal, avec des relais identifiés à Cotonou et Bamako. La victime a décrit un itinéraire balisé par plusieurs complices chargés notamment de la fourniture de faux documents administratifs, de l’hébergement logistique durant le trajet, ainsi que de l’acheminement final par bus et mototaxis vers la zone aurifère de Kédougou, identifiée comme un pôle d’exploitation.
La Police nationale réaffirme sa mobilisation constante contre les réseaux criminels et invite les populations à signaler toute information utile en appelant gratuitement le 800 00 17 00.
