Transport public paralysé : les chauffeurs durcissent le mouvement et prolongent la grève

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SENTV : Au terme d’une première phase de trois jours de grève, les transporteurs routiers du Sénégal ont décidé de prolonger leur mouvement, plongeant une nouvelle fois des milliers d’usagers dans les difficultés de déplacement. Alors que les autorités et les syndicats semblent toujours sans réponse concrète, le bras de fer social s’intensifie et inquiète.

Un mouvement reconduit par les syndicats

À l’origine de cette crise dans le secteur du transport public, un mouvement de grève lancé le lundi 30 mars 2026 par la Fédération des Syndicats des Transports Routiers du Sénégal (FSTRS), avec pour principal argument un manque de dialogue avec les autorités.

Initialement prévu pour durer 72 heures, le mouvement devait s’achever ce mercredi soir. Pourtant, face à l’absence de réponse jugée satisfaisante du gouvernement sur les revendications des grévistes, les syndicats ont annoncé une prolongation de la grève pour trois jours supplémentaires, étendant le mouvement jusqu’au samedi 4 avril 2026.

Dans une correspondance officielle transmise aux autorités, les responsables syndicaux affirment que l’objectif reste toujours de favoriser le dialogue, tout en maintenant la pression jusqu’à ce que des mesures concrètes soient prises.

Dans plusieurs régions du pays, les conséquences de ce mouvement se font durement sentir. À Saint‑Louis, par exemple, la quasi‑absence des taxis urbains et interurbains a poussé les usagers à se rabattre sur les motos‑taxis et bus, générant de longues attentes et une surcharge des moyens de déplacement restants.

Dans l’intérieur du pays, la grève est jugée largement suivie dans des localités comme Dagana et Podor, où les gares routières sont presque désertes et où les populations souffrent de la réduction drastique des moyens de transport disponibles.

Les transporteurs dénoncent notamment un silence ou un manque de réactivité du gouvernement, estimant que leurs doléances ne sont pas suffisamment prises en compte par les autorités compétentes. Ces demandes portent notamment sur une meilleure reconnaissance des structures syndicales, le respect des procédures de dialogue et la prise en compte de certaines revendications institutionnelles.

De son côté, l’exécutif tente d’anticiper les perturbations en mettant en place des mesures alternatives pour maintenir une offre de transport, comme le renforcement du Train Express Régional (TER) et des dispositions supplémentaires de services publics de transport urbain.

Les syndicats ont clairement laissé entendre que la durée de la grève pourrait encore être allongée, voire devenir illimitée si aucune avancée significative n’est enregistrée dans les discussions avec le gouvernement.

Entre perturbations quotidiennes, retards accumulés et tensions sociales, le secteur du transport routier au Sénégal reste plongé dans l’incertitude, tandis que les usagers continuent de subir les effets les plus immédiats de cette crise.

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