UCAD : Sonko opte pour un tournant sécuritaire et lance un chantier de désengorgement du campus

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SENTV : Au lendemain des violences ayant secoué l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) et coûté la vie à l’étudiant Abdoulaye Ba, à la suite d’une chute, le Premier ministre Ousmane Sonko a dévoilé, mardi, devant les députés, un train de mesures visant à restaurer l’ordre sur le campus et à engager une réforme de fond du plus grand établissement universitaire du pays.

Au cœur de cette stratégie : l’implantation d’un commissariat de police au sein même du campus et la délocalisation partielle de certaines structures académiques afin de résorber la surpopulation.

Un commissariat intégré pour une présence dissuasive permanente

Pour le chef du gouvernement, l’UCAD ne peut plus être appréhendée comme un espace strictement académique. Avec plusieurs dizaines de milliers d’étudiants, d’enseignants, d’agents administratifs, de commerçants et de riverains, le campus fonctionne désormais comme un véritable pôle urbain intégré à la capitale.

Dans cette configuration, les interventions ponctuelles des forces de l’ordre, souvent déclenchées en situation de crise, sont jugées insuffisantes. D’où la demande adressée au ministère de l’Intérieur d’étudier l’installation d’un commissariat à l’intérieur de l’université. L’objectif affiché est double : instaurer une présence sécuritaire continue à vocation préventive et limiter les débordements susceptibles de perturber les enseignements et d’endommager les infrastructures.

Le gouvernement entend ainsi passer d’une logique d’intervention à une logique d’anticipation, en misant sur un dispositif dissuasif et structuré.

L’option d’un ancrage policier permanent sur un campus universitaire n’est pas inédite en Afrique. En Côte d’Ivoire, l’Université Félix Houphouët-Boigny bénéficie d’un système hybride combinant forces nationales (police et gendarmerie) et services internes de sécurité, communément désignés sous l’appellation de « police universitaire ». Ce mécanisme permet un traitement quotidien des incidents tout en encadrant les mouvements estudiantins.

Des dispositifs comparables existent également au Maroc, en Afrique du Sud ou au Ghana, où la sécurisation des espaces académiques est considérée comme un levier de stabilité institutionnelle et de performance pédagogique.

Désengorger pour reconstruire la qualité académique

Au-delà de la question sécuritaire, l’exécutif cible un mal structurel ancien : la saturation chronique du campus de Dakar. Certaines facultés et amphithéâtres accueillent des effectifs largement supérieurs à leurs capacités d’accueil, affectant les conditions d’apprentissage, d’encadrement et de vie estudiantine.

La délocalisation partielle de certaines entités vers d’autres pôles universitaires s’inscrit dans une stratégie de rééquilibrage territorial de l’offre de formation. L’ambition affichée est d’améliorer le taux d’encadrement, de moderniser les infrastructures et de créer un environnement plus propice à la réussite académique.

Cette orientation s’inscrit dans une réflexion interministérielle associant l’Enseignement supérieur et l’Économie, avec en ligne de mire une université repensée à l’aune des défis démographiques, sécuritaires et scientifiques contemporains.

À travers ce plan, le message politique est clair : restaurer l’autorité de l’État sur le campus tout en refondant l’architecture universitaire pour garantir aux étudiants un cadre d’étude sécurisé, structuré et compatible avec les standards internationaux.

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