VIH/Sida au Sénégal : le Dr Safiatou Thiam rassure et rappelle les vérités scientifiques

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SENTV : Face aux interrogations suscitées par les récentes actualités autour du VIH, le Dr Safiatou Thiam, Secrétaire exécutive du Conseil National de Lutte contre le Sida (CNLS), est montée au créneau pour faire le point sur la situation épidémiologique au Sénégal et dissiper les idées reçues.

Au cours d’un échange avec la presse, la responsable nationale a tenu à rétablir des faits scientifiques, insistant sur la nécessité d’une information fiable pour éviter la stigmatisation et les amalgames.

Selon les données officielles, le Sénégal demeure l’un des pays d’Afrique de l’Ouest à faible prévalence du VIH, avec un taux estimé autour de 0,3 % dans la population générale adulte. Toutefois, le Dr Thiam rappelle que cette moyenne nationale masque des disparités, notamment au sein de certaines populations clés davantage exposées.

« Le VIH reste une réalité sanitaire. Mais il est important de souligner que le Sénégal a mis en place depuis plusieurs années une riposte structurée, coordonnée et basée sur les droits humains », a-t-elle indiqué.

Le CNLS, en collaboration avec le ministère de la Santé et ses partenaires techniques, poursuit la stratégie dite des “trois 95” de l’ONUSIDA :

95 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut,

95 % de celles qui connaissent leur statut ont accès au traitement antirétroviral,

95 % des personnes sous traitement ont une charge virale indétectable.

Les voies réelles de transmission

Le Dr Safiatou Thiam a tenu à clarifier les modes de transmission du virus. Le VIH se transmet principalement :

par des rapports sexuels non protégés avec une personne infectée ;

par contact avec du sang contaminé (transfusion non sécurisée, partage d’objets tranchants ou de seringues) ;

de la mère à l’enfant pendant la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement, en l’absence de prise en charge adaptée.

En revanche, elle insiste : le VIH ne se transmet pas par les salutations, les embrassades, le partage de repas, l’utilisation des mêmes toilettes ou par les piqûres de moustiques.

« La désinformation alimente la peur. Or, la peur nourrit la stigmatisation, qui reste l’un des principaux obstacles au dépistage », a-t-elle souligné.

Prévention : des gestes simples mais essentiels

Parmi les mesures de prévention rappelées :

l’utilisation correcte et systématique du préservatif lors des rapports sexuels à risque ;

le dépistage volontaire et régulier ;

la fidélité mutuelle entre partenaires séronégatifs ;

la prise en charge précoce des femmes enceintes séropositives pour prévenir la transmission mère-enfant ;

l’accès au traitement antirétroviral, qui permet, lorsqu’il est bien suivi, de réduire drastiquement la charge virale et donc le risque de transmission (principe “Indétectable = Intransmissible”).

Le Sénégal assure la gratuité du traitement antirétroviral dans les structures publiques de santé, un acquis majeur salué par les partenaires internationaux.

Au-delà des chiffres, le Dr Thiam a lancé un appel à la responsabilité collective. « Une personne vivant avec le VIH, sous traitement et suivie médicalement, peut mener une vie normale », a-t-elle rappelé, invitant les Sénégalais à privilégier l’information scientifique plutôt que les rumeurs.

Alors que la riposte nationale se poursuit, les autorités sanitaires insistent : la prévention, le dépistage précoce et la solidarité restent les piliers de la lutte contre le VIH/Sida au Sénégal.

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