VIH/Sida : Dr Fatoumata Ly appelle à renforcer la prévention et le dépistage précoce
SENTV : Invitée de l’émission Infos Matin, Dr Fatoumata Ly, médecin de santé publique et spécialiste des maladies infectieuses et tropicales au Conseil national de lutte contre le Sida (CNLS), a livré une analyse détaillée de la situation du VIH/Sida, en mettant l’accent sur les modes de transmission et les stratégies de prévention.
Au cours de cet entretien pédagogique, l’experte est revenue sur les fondamentaux scientifiques du virus de l’immunodéficience humaine (VIH), rappelant qu’il s’attaque principalement au système immunitaire, en particulier aux lymphocytes CD4, affaiblissant progressivement les défenses naturelles de l’organisme. Non traité, le VIH peut évoluer vers le Sida, stade avancé de l’infection caractérisé par l’apparition de maladies opportunistes.
Les modes de transmission clairement établis
Dr Ly a rappelé que le VIH se transmet essentiellement par :
des rapports sexuels non protégés avec une personne vivant avec le VIH ;
le contact avec du sang contaminé (partage de matériel d’injection, transfusion sanguine non sécurisée) ;
la transmission de la mère à l’enfant pendant la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement en l’absence de prise en charge adaptée.
Elle a tenu à dissiper certaines idées reçues, soulignant que le VIH ne se transmet ni par les poignées de main, ni par les accolades, ni par le partage de repas ou d’ustensiles, ni par les piqûres de moustiques.
La prévention, pilier central de la riposte
L’intervenante a insisté sur l’importance de la prévention combinée, stratégie recommandée au niveau international. Celle-ci repose notamment sur :
l’usage correct et systématique du préservatif ;
le dépistage volontaire et régulier ;
la prise en charge précoce par traitement antirétroviral (ARV) ;
la prévention de la transmission mère-enfant ;
la prophylaxie pré-exposition (PrEP) pour les personnes à haut risque ;
la prophylaxie post-exposition (PEP) en cas de risque avéré récent.
Elle a rappelé que les traitements antirétroviraux permettent aujourd’hui aux personnes vivant avec le VIH de mener une vie quasi normale, à condition d’une observance rigoureuse. « Une personne sous traitement efficace avec une charge virale indétectable ne transmet pas le virus par voie sexuelle », a-t-elle expliqué, faisant référence au principe scientifiquement validé du « I=I » (Indétectable = Intransmissible).
L’enjeu du dépistage précoce
Dr Fatoumata Ly a également mis l’accent sur le dépistage, qualifié de « porte d’entrée vers la prise en charge ». Elle a encouragé la population à se faire tester régulièrement, rappelant que le test est confidentiel, gratuit dans de nombreuses structures publiques et accessible sur l’ensemble du territoire.
Selon les données internationales de l’ONUSIDA, des millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde, mais une proportion non négligeable ignore encore son statut sérologique, ce qui constitue un frein majeur à la lutte contre l’épidémie.
Au-delà de l’aspect médical, la spécialiste a insisté sur la nécessité de combattre la stigmatisation et la discrimination, qui freinent le recours au dépistage et à la prise en charge. Elle a appelé à une mobilisation collective, soulignant que la lutte contre le VIH/Sida ne relève pas uniquement du secteur sanitaire, mais constitue un enjeu sociétal.
À travers cette intervention dans Infos Matin, le CNLS réaffirme son engagement en faveur d’une information fiable, d’une prévention renforcée et d’un accès équitable aux soins, dans l’objectif de contrôler durablement l’épidémie.