Violences en marge de la finale à Rabat : 17 supporters sénégalais face au juge, une mission policière dépêchée par Dakar
SENTV : La finale de la 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), remportée par le Sénégal dimanche à Rabat, a été ternie par de sérieux incidents survenus au stade Moulay Abdellah. Des heurts opposant des supporters sénégalais aux stadiers et aux forces de l’ordre marocaines ont éclaté à l’issue d’un match marqué par de vives contestations arbitrales.
Au cœur de la polémique, l’arbitrage du Congolais Jean-Jacques Ndala Ngambo, vivement critiqué par les supporters des Lions. Le refus d’un but jugé valable par le camp sénégalais, suivi d’un penalty sifflé contre leur équipe, a provoqué la colère d’une partie des quelque 3 000 supporters sénégalais présents dans les tribunes. La tension est rapidement montée, dégénérant en affrontements physiques aux abords des gradins.
Selon L’Observateur, dix-sept supporters sénégalais ont été interpellés et placés en garde à vue au commissariat central de Rabat pour trouble à l’ordre public. Les mis en cause doivent être présentés ce jour devant le tribunal, dans le cadre d’une procédure de flagrant délit, précise le quotidien du Groupe Futurs Médias (GFM). Aucune information judiciaire n’a toutefois été ouverte à ce stade, une donnée qui laisse entrevoir une issue rapide au dossier.
Face à la situation, les autorités sénégalaises ont renforcé leur dispositif d’assistance. Quatre officiers de police sénégalais ont été dépêchés au Maroc pour assurer le suivi des dossiers et servir d’interface avec les autorités locales. Cette mission s’inscrit dans le cadre du Centre de coopération policière, à l’invitation des autorités marocaines, et rappelle les dispositifs similaires mis en place lors de grands événements internationaux, notamment les Jeux olympiques de Paris.
Sur le terrain, ces officiers jouent un rôle de médiation stratégique. Leur mission consiste à faciliter la communication avec la communauté sénégalaise et à travailler étroitement avec les organisations de supporters telles que « 12ᵉ Gaïndé », « Allez Casa » ou « Lébou-gui », afin de prévenir tout débordement supplémentaire. Rompus à la gestion des foules et à la psychologie des supporters nationaux, ils œuvrent à l’apaisement des tensions et à la sensibilisation au respect des règles en vigueur.
Ces incidents viennent rappeler que, malgré l’euphorie d’un sacre continental, la gestion des émotions autour des grandes compétitions demeure un enjeu sécuritaire majeur, nécessitant coordination, anticipation et diplomatie entre pays hôtes et nations participantes.