SENTV : Vingt-quatre ans après le naufrage du Joola, le Sénégal renoue ce samedi 26 septembre 2026 avec le devoir de mémoire. Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô est attendu à Ziguinchor, où il préside la cérémonie officielle consacrée à l’anniversaire de la catastrophe maritime qui a profondément marqué le pays.
Le naufrage du Joola, survenu dans la nuit du 26 au 27 septembre 2002 au large des côtes gambiennes, demeure l’une des tragédies les plus meurtrières de l’histoire contemporaine du Sénégal. Les commémorations de cette année sont placées sous le signe du recueillement, de la mémoire des victimes et de la responsabilité collective.
Un passage par le cimetière de Kantène
À son arrivée à Ziguinchor, le chef du gouvernement doit prendre part aux différents temps forts de la journée commémorative. Le programme prévoit notamment un passage au cimetière de Kantène, où des victimes sont inhumées, avec un dépôt de gerbe et des prières en leur mémoire.
Cette étape de recueillement précède la cérémonie officielle organisée au Musée-mémorial du Joola, devenu au fil des années un lieu majeur de transmission de la mémoire du drame.
La présence du Premier ministre à Ziguinchor avait été annoncée la veille par le ministre des Forces armées, Yankhoba Diémé, lors de sa tournée en Casamance. Il avait également appelé les autorités religieuses et coutumières à se mobiliser autour de prières dédiées aux victimes et aux disparus.
Une commémoration portée par les communautés religieuses
En prélude à la cérémonie officielle, plusieurs initiatives religieuses ont été organisées dans la région. Les communautés musulmane et chrétienne ont prévu des moments de prière et de recueillement en hommage aux victimes.
Le diocèse de Ziguinchor a notamment organisé des activités au Musée-mémorial et à la cathédrale, avec des prières et des célébrations dédiées aux défunts et à leurs familles.
Cette mobilisation interreligieuse traduit l’importance accordée au devoir de mémoire et à la transmission du souvenir du Joola aux générations futures.
Au-delà du souvenir, la question de la sécurité
La commémoration ne se limite pas au rappel du bilan humain de la catastrophe. Elle constitue également un moment de réflexion sur les responsabilités et les enseignements à tirer du drame.
Le ministre des Forces armées Yankhoba Diémé a insisté sur cette dimension, estimant que le souvenir des disparus devait aller de pair avec la nécessité de renforcer les exigences de sécurité et de responsabilité publique.
Le président de la République Bassirou Diomaye Faye avait, lors du Conseil des ministres du 10 septembre, demandé au gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer une commémoration à la hauteur de la tragédie. Il avait également insisté sur l’accès des familles et des rescapés aux différents lieux de mémoire, notamment au Musée national dédié aux victimes du Joola.
À Ziguinchor, cette 24e commémoration s’inscrit ainsi dans une double démarche : honorer la mémoire des disparus et maintenir vivante l’exigence de sécurité afin qu’une tragédie de cette ampleur ne puisse se reproduire.