Mbour : derrière un trafic de crack, les gendarmes découvrent un faux médecin impliqué dans des avortements clandestins

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SENTV : Ce qui devait être une simple enquête sur un présumé réseau de trafic de crack entre Dakar et Mbour a finalement conduit les enquêteurs à mettre au jour une affaire bien plus grave mêlant exercice illégal de la médecine et pratiques d’avortements clandestins.

Tout est parti d’un renseignement transmis le 11 juin dernier aux gendarmes de la brigade de recherches de Saly faisant état d’un trafic de crack alimentant le département de Mbour depuis Dakar. Les investigations ont rapidement orienté les soupçons vers A.Z. Diallo et son présumé complice, M. Ba, installé dans la capitale sénégalaise.

Lors d’une opération menée de nuit au domicile d’A.Z. Diallo, les enquêteurs auraient surpris les deux hommes en train de consommer du crack, une substance qui aurait été acheminée depuis Dakar par M. Ba. Mais la perquisition allait révéler une tout autre réalité.

Dans une chambre de l’appartement, les gendarmes découvrent une femme allongée sur un lit, sous perfusion et visiblement prise en charge par celui que plusieurs personnes présentaient sous le nom de « Dr Diallo ». Selon les éléments de l’enquête relayés à l’audience, la patiente venait de subir une interruption volontaire de grossesse pratiquée clandestinement.

Poursuivant leurs investigations, les hommes de la brigade de recherches mettent la main sur un important matériel médical : plusieurs boîtes vides de produits utilisés dans le cadre d’avortements médicamenteux, un oxymètre de pouls, divers médicaments, une blouse médicale frappée du nom d’une clinique privée ainsi que plusieurs cachets professionnels attribués à des structures sanitaires de la région.

L’ensemble du matériel a été placé sous scellés dans le cadre de la procédure judiciaire ouverte contre les deux suspects.

À la barre du tribunal de grande instance de Mbour, M. Ba a rejeté toute implication dans les activités médicales de son co-prévenu, affirmant que leurs relations se limitaient uniquement à la consommation et au trafic de stupéfiants.

De son côté, A.Z. Diallo aurait fini par reconnaître avoir pratiqué des avortements clandestins durant plusieurs années dans son appartement après avoir initialement contesté les faits qui lui étaient reprochés.

La direction de la clinique « Urgences 24 », constituée partie civile dans cette affaire, a indiqué que le mis en cause avait exercé comme ambulancier au sein de l’établissement entre 2018 et 2021 avant d’en être écarté. Une autre structure médicale citée dans le dossier a également confirmé avoir interrompu sa collaboration avec lui après des interrogations sur ses qualifications professionnelles.

Le ministère public a dénoncé des faits d’une particulière gravité, évoquant les risques encourus par les patientes ainsi que l’atteinte portée à la crédibilité du système de santé. Le procureur de la République a requis une peine de deux ans d’emprisonnement ferme contre les deux prévenus.

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