Pacte de stabilité sociale : Mamadou Lamine Dianté admet un climat social encore sous tension malgré les progrès enregistrés
SENTV : Un an après la signature du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable (PNSS-CID), le gouvernement reconnaît que les résultats restent contrastés. Le ministre de la Fonction publique, du Travail et des Relations avec les institutions, Mamadou Lamine Dianté, a estimé que si plusieurs engagements ont été concrétisés, les tensions sociales persistent dans des secteurs stratégiques, notamment l’éducation et la santé.
Face aux journalistes, le ministre a dressé un état des lieux de la mise en œuvre du Pacte, signé pour instaurer une trêve sociale favorable à la croissance économique et au dialogue entre l’État, les employeurs et les organisations syndicales. Il a toutefois reconnu que cet objectif n’a pas encore été pleinement atteint.
« Malgré les avancées, le climat social reste tendu », a-t-il déclaré, évoquant notamment les mouvements revendicatifs enregistrés dans les secteurs de l’éducation avec le G7 et de la santé. Selon lui, une distinction insuffisamment marquée entre les revendications propres aux syndicats sectoriels et celles des centrales syndicales contribue à alimenter les tensions.
Une réforme du Code du travail à l’étude
Le ministre a également fait référence à la grève générale du 10 juillet, estimant qu’elle illustre les limites de la trêve sociale de trois ans prévue par le Pacte. Dans ce contexte, le gouvernement envisage une réforme du Code du travail afin de mieux encadrer l’exercice du droit de grève tout en préservant la continuité de l’activité économique et des services essentiels.
Dans la même dynamique, Mamadou Lamine Dianté a annoncé l’organisation prochaine d’élections de représentativité syndicale dans le secteur de la santé, sur le modèle de celles déjà organisées dans l’éducation. L’objectif est d’identifier les interlocuteurs les plus représentatifs pour renforcer l’efficacité du dialogue social.
Le membre du gouvernement a également détaillé plusieurs mesures destinées à améliorer les conditions de travail dans la fonction publique et à renforcer les effectifs des services publics.
Il a indiqué que 16 milliards de FCFA seront mobilisés pour la généralisation de l’indemnité de logement des agents concernés. En parallèle, 5 milliards de FCFA inscrits dans la Loi de finances rectificative (LFR) de 2026 permettront de prendre en charge les contractuels du secteur de la santé avant la fin de l’année.
Dans l’éducation, après le recrutement de 2 000 enseignants en 2025, l’État prévoit 2 527 nouveaux recrutements en 2026. L’enseignement supérieur bénéficiera également du recrutement de 500 enseignants-chercheurs, tandis que 2 500 agents de santé devraient être intégrés prochainement, même si les besoins du secteur sont évalués à environ 7 500 postes.
Sur le plan économique, Mamadou Lamine Dianté a rappelé les efforts engagés par l’État pour réduire la dette intérieure. Il a précisé que 500 milliards de FCFA sont prévus dans la Loi de finances rectificative de 2026 et 300 milliards de FCFA dans la Loi de finances initiale afin de poursuivre cet apurement.
Concernant la restructuration de La Poste, il a indiqué que 290 protocoles de départ négociés ont déjà été finalisés.
Le ministre est également revenu sur le secteur de la justice, annonçant la signature d’un protocole relatif au reclassement des greffiers de la hiérarchie B2 vers A2, avec des mécanismes d’avancement destinés à améliorer leur évolution de carrière et leur rémunération.
Le Synpics plaide pour davantage de moyens en faveur des médias publics
En ouverture de la rencontre, le secrétaire général du Synpics-Le Soleil, Souleymane Diam Sy, a appelé l’État à renforcer le financement du service public de l’information. Selon lui, la transformation numérique et éditoriale des médias publics nécessite des ressources adaptées afin de garantir leur indépendance et la qualité de leur mission d’information.
Pour le responsable syndical, les défis liés à la modernisation des entreprises de presse publiques ne peuvent être relevés uniquement grâce à l’engagement des professionnels. Ils exigent également un accompagnement financier conséquent pour répondre aux nouvelles exigences technologiques et éditoriales.