SENTV : Le débat autour de la révision de la Constitution prend une nouvelle dimension avec l’ouverture de consultations entre acteurs de la société civile et représentants de l’opposition parlementaire. Une délégation de la Coalition de la société civile pour l’application des conclusions des Assises nationales, des recommandations de la CNRI et du Pacte national de bonne gouvernance démocratique a été reçue, jeudi 13 août 2026, à l’Assemblée nationale par le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal.
Cette rencontre s’inscrit dans une série de concertations initiées par la Coalition en vue de promouvoir une réforme constitutionnelle qu’elle souhaite inclusive, consensuelle et durable. L’objectif affiché est de favoriser un dialogue dépassant les clivages partisans autour des principales règles qui encadrent le fonctionnement des institutions sénégalaises.
Le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal était représenté par sa présidente, Me Aïssata Tall Sall, ainsi que les députés Lamine Thiam et Abdou Mbow. Côté société civile, la délégation comprenait notamment Paul Corréa, Youssouph Ndiaye, Arame Ndoye Gaye, Denis Ndour et Papis Thiabou.
La société civile veut peser dans le débat constitutionnel
Au cours des échanges, la Coalition a rappelé que sa démarche s’inscrit dans un processus citoyen engagé depuis plusieurs années autour de la mise en œuvre des conclusions des Assises nationales et des recommandations de la Commission nationale de réforme des institutions (CNRI).
Ce travail avait notamment abouti à l’élaboration du Pacte national de bonne gouvernance démocratique, signé par treize des dix-neuf candidats à l’élection présidentielle de mars 2024.
Désormais forte de 47 organisations de la société civile, la Coalition entend participer au débat institutionnel en revendiquant une posture non partisane. Elle estime qu’une réforme de la Loi fondamentale ne devrait pas être dictée par les rapports de force politiques du moment.
Pour ses membres, la Constitution doit constituer un cadre commun suffisamment consensuel pour survivre aux alternances et éviter les modifications successives motivées par des considérations conjoncturelles.
La Coalition a présenté plusieurs orientations qu’elle souhaite voir prises en compte dans le processus de réforme. Parmi celles-ci figurent le renforcement de la participation citoyenne, la consolidation des libertés publiques et des droits humains ainsi que la préservation des acquis démocratiques et sociaux.
Une attention particulière est également accordée aux droits des femmes, à la responsabilité des élus et des institutions devant les citoyens et au renforcement des mécanismes de redevabilité publique.
Sur le plan institutionnel, la société civile plaide pour un rééquilibrage des pouvoirs, une justice davantage indépendante et une meilleure protection des ressources et du bien public. La transparence et la responsabilité dans la gestion des affaires publiques figurent également parmi les priorités avancées.
Aïssata Tall Sall appelle à préserver les acquis
Les représentants de Takku Wallu Sénégal ont, selon le communiqué, accueilli favorablement l’initiative. Ils ont reconnu à la société civile un rôle important de veille, d’alerte et d’interpellation des pouvoirs publics.
Me Aïssata Tall Sall a notamment insisté sur la dimension de « ciment national » que revêt la Constitution. Pour la présidente du groupe parlementaire, toute réforme majeure de la Loi fondamentale devrait être précédée de consultations suffisamment larges afin de favoriser l’adhésion du plus grand nombre.
Elle a également appelé à examiner les recommandations issues des Assises nationales, tout en veillant à préserver les acquis démocratiques et sociaux, notamment ceux concernant les droits des femmes.
Vers un élargissement des consultations
À l’issue de la rencontre, la Coalition s’est félicitée de la qualité des échanges avec les parlementaires de Takku Wallu Sénégal. Les discussions ont également porté sur l’éducation citoyenne, la cohésion nationale et la préservation du caractère laïc de l’État.
La Coalition prévoit désormais de poursuivre ses consultations auprès des institutions de la République, des différents groupes parlementaires, des acteurs politiques et des autres composantes de la société sénégalaise.