Carburant : Gora Khouma refuse toute hausse des tarifs du transport malgré la pression sur les coûts

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SENTV : La hausse du prix des carburants ne devrait pas, selon Gora Khouma, se traduire par une augmentation immédiate des tarifs du transport routier. Le responsable de l’Union des routiers du Sénégal appelle les transporteurs à absorber, autant que possible, le nouveau surcoût afin d’éviter d’alourdir davantage les dépenses quotidiennes des usagers.

Intervenant sur la RFM, Gora Khouma a clairement pris position contre une répercussion automatique de la hausse du carburant sur les prix du transport. Pour lui, le contexte économique actuel impose aux professionnels du secteur de faire preuve de retenue.

Un appel à la responsabilité des transporteurs

Le syndicaliste considère la nouvelle hausse comme une mauvaise nouvelle pour les acteurs du transport, qui espéraient plutôt une détente des prix. Il reconnaît néanmoins que l’évolution du marché international de l’énergie et les tensions géopolitiques peuvent peser sur les prix pratiqués au Sénégal.

Mais cette situation, estime-t-il, ne doit pas conduire à faire supporter l’intégralité de la charge supplémentaire aux passagers.

« Les populations ne peuvent pas suivre cette cadence », a-t-il déclaré, plaidant pour le maintien des tarifs actuellement appliqués dans le transport.

Cette position intervient alors que la hausse du carburant risque mécaniquement d’augmenter les charges d’exploitation des transporteurs, notamment pour les véhicules fortement consommateurs de gasoil.

Le Sénégal face à ses voisins

Pour illustrer son argumentaire, Gora Khouma a comparé les prix du carburant au Sénégal avec ceux de la Côte d’Ivoire. Il a cité un prix de 905 francs CFA pour le super et 725 francs CFA pour le gasoil en Côte d’Ivoire, contre 990 francs pour le super et 755 francs pour le gasoil au Sénégal.

Les chiffres ivoiriens correspondent bien aux tarifs applicables depuis le 1er août 2026 : le super sans plomb y est fixé à 905 francs CFA le litre et le gasoil à 725 francs CFA.

Cette comparaison permet au responsable syndical de mettre en évidence le poids du coût du carburant sur les transporteurs sénégalais, tout en appelant ces derniers à ne pas transférer immédiatement cette différence sur les usagers.

« Les populations ne peuvent pas payer les pots cassés »

Au-delà de la question professionnelle, Gora Khouma place son argumentaire sur le terrain social. Une augmentation des tarifs du transport aurait, selon lui, des conséquences en chaîne sur les ménages, notamment pour les travailleurs, les élèves, les étudiants et les petits commerçants qui dépendent quotidiennement des transports collectifs.

Il refuse ainsi que les usagers deviennent les principales victimes de la hausse des coûts.

« Les populations ne peuvent pas payer les pots cassés », a-t-il martelé, appelant les différents acteurs du transport routier à faire preuve de solidarité.

Une décision qui intervient dans un contexte énergétique tendu

La hausse des carburants intervient dans un environnement international marqué par une forte volatilité des marchés pétroliers. Les tensions géopolitiques et les perturbations de l’approvisionnement énergétique continuent d’exercer une pression sur les coûts du transport et sur plusieurs secteurs de l’économie.

Dans ce contexte, le débat dépasse désormais la seule question des tarifs à la pompe. Il porte également sur la capacité des transporteurs à absorber une partie des coûts, sur le pouvoir d’achat des ménages et sur les mesures que l’État peut mettre en place pour limiter les effets de la hausse.

Gora Khouma maintient sa ligne

Pour le président de l’Union des routiers du Sénégal, la ligne est donc claire : pas de hausse automatique des tarifs du transport en réponse à l’augmentation du carburant.

Son appel s’adresse aussi bien aux chauffeurs qu’aux responsables des organisations de transport. Il leur demande de préserver les usagers et d’éviter une nouvelle flambée des dépenses de déplacement.

Dans un contexte où chaque hausse du coût du transport peut se répercuter sur le prix des marchandises et des services, cette position place les transporteurs face à un choix délicat : préserver leurs marges et leurs capacités d’exploitation tout en évitant d’aggraver la pression qui pèse déjà sur les ménages sénégalais.

Pour Gora Khouma, la priorité reste donc de maintenir les tarifs du transport et de ne pas faire supporter aux populations les conséquences directes de la hausse du carburant.

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