Faux commerce en ligne : la DSC remonte la piste de « MinimarchéSn » et chiffre le préjudice à 4,5 millions FCFA

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SENTV : Une affaire présumée d’escroquerie via les réseaux sociaux vient de mettre en lumière les méthodes employées par certains faux commerces en ligne. La Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité (DSC) a démantelé un dispositif présenté comme une boutique virtuelle sous le nom de « MinimarchéSn », spécialisée dans la commercialisation fictive de produits alimentaires.

D’après les éléments communiqués dans le cadre de l’enquête, 121 victimes ont été identifiées, tandis que 13 comptes de mobile money auraient servi à collecter les paiements. Le préjudice provisoirement établi s’élève à 4 520 720 francs CFA.

Des prix attractifs pour attirer les clients

Le scénario présumé débutait sur TikTok. Le compte « MinimarchéSn » publiait des offres de packs alimentaires à des tarifs particulièrement bas, avant d’orienter les clients intéressés vers WhatsApp pour finaliser les commandes.

Le 30 juillet 2026, une victime aurait ainsi contacté la vendeuse après avoir vu une annonce proposant des packs à prix réduit. Après leurs échanges, elle aurait versé 50 000 francs CFA par mobile money.

La cliente aurait ensuite reçu une demande d’annulation de la première transaction, accompagnée d’une nouvelle consigne de paiement vers un autre numéro. Après avoir effectué l’opération, elle n’aurait plus obtenu de réponse. Les échanges WhatsApp avec la prétendue vendeuse auraient par ailleurs disparu.

Une identité commerciale détournée

Les investigations ont également mis en évidence un procédé destiné à renforcer la crédibilité du faux commerce. La personne mise en cause aurait repris des vidéos provenant du compte TikTok d’une véritable vendeuse de produits alimentaires.

Ces images auraient été utilisées pour donner l’apparence d’une activité commerciale réelle. Le compte proposait notamment des « Pack Tabaski » et « Pack Tamkharit », ainsi que des produits présentés comme de l’huile d’aloe vera à 7 500 francs CFA.

Des tarifs volontairement attractifs auraient permis de séduire de nombreux internautes à la recherche de bonnes affaires.

La DSC saisie le 5 août

Après le dépôt d’une plainte le 5 août 2026, les enquêteurs de la DSC ont engagé des investigations techniques afin de remonter jusqu’à l’auteur présumé du compte frauduleux.

La piste aurait conduit à une jeune femme identifiée par les initiales N. T.. Interpellée puis entendue, elle aurait dans un premier temps contesté les faits avant de reconnaître son implication face aux éléments réunis par les enquêteurs.

Selon les informations communiquées, elle aurait admis être la propriétaire du compte « MinimarchéSn », supprimé au début du mois d’août.

Treize comptes mobile money sous différentes identités

Les investigations auraient également permis d’identifier 13 comptes d’un même service de mobile money, ouverts sous différentes appellations, notamment « MinimarchéSn », « Légume Frais » et « Ndougou Sn ».

Ces comptes auraient servi à recevoir les paiements effectués par les victimes. La suspecte aurait également reconnu avoir utilisé plusieurs puces téléphoniques afin de rendre plus difficile sa traçabilité.

Elle aurait indiqué avoir commencé cette activité environ deux mois avant son interpellation. Aucune commande n’aurait été livrée aux clients concernés, selon les éléments de l’enquête rapportés.

121 victimes et plus de 4,5 millions de francs CFA de pertes

Le bilan provisoire communiqué par les enquêteurs fait état de :

  • 121 victimes identifiées ;
  • 13 comptes de mobile money utilisés ;
  • 4 520 720 francs CFA de préjudice cumulé.

Cette affaire illustre les risques liés aux achats effectués sur les réseaux sociaux, particulièrement lorsque les offres affichent des prix anormalement bas et que les vendeurs exigent des transferts d’argent avant toute livraison.

La Police nationale recommande aux internautes de vérifier l’identité et la réputation des vendeurs, de privilégier, lorsque cela est possible, le paiement à la livraison et de se méfier de toute demande visant à rediriger un paiement vers un autre numéro.

Elle invite également les victimes à conserver les captures d’écran, échanges, numéros utilisés et preuves de transaction, autant d’éléments susceptibles de faciliter les investigations.

La Police nationale rappelle enfin qu’elle reste mobilisée contre les infractions commises sur internet et invite les citoyens à signaler toute information utile par les canaux officiels. Le numéro d’urgence de la Police nationale est le 17.

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