Le Dantec : quatre ans après la fermeture, le chantier avance mais l’impatience grandit

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SENTV : Fermé en août 2022 en raison de la vétusté de ses infrastructures, l’hôpital Aristide Le Dantec reste au cœur des préoccupations du monde médical. Quatre ans après l’arrêt de ses activités sur le site historique, la reconstruction de cet établissement de référence n’est toujours pas achevée, alimentant les interrogations sur le calendrier de sa réouverture.

Le débat est relancé par les inquiétudes exprimées par le Pr Alain Khassim Ndoye, qui alerte sur les conséquences d’une fermeture prolongée. Pour cet universitaire, l’enjeu dépasse la seule question immobilière : Le Dantec est également un centre hospitalo-universitaire majeur, historiquement lié à la formation des médecins et des autres professionnels de santé.

Un établissement privé de son site historique

Depuis la fermeture, les services et le personnel ont été redéployés dans une vingtaine de structures sanitaires afin d’assurer la continuité des soins. Cette réorganisation a permis de maintenir les activités, mais elle ne saurait, selon les critiques formulées dans le milieu médical, reproduire à l’identique les capacités d’un établissement conçu comme un pôle de soins spécialisés, d’enseignement et de recherche.

La question est particulièrement sensible pour les patients nécessitant des prises en charge spécialisées. En octobre 2025, des organisations syndicales avaient déjà dénoncé la durée du chantier et réclamé une accélération de la reconstruction, estimant que la fermeture prolongée pénalisait notamment l’accès à certains soins spécialisés.

Un chantier à 92,5 milliards de FCFA

Contrairement à l’idée d’un projet totalement à l’arrêt, les dernières données officielles font état d’une progression du chantier. Lors du Conseil des ministres du 29 avril 2026, le gouvernement avait indiqué que le Projet de reconstruction de l’hôpital Aristide Le Dantec (PRHAD), évalué à 92,5 milliards de francs CFA, affichait un taux d’exécution de 60 %.

Le Premier ministre Ousmane Sonko avait alors reçu instruction d’accélérer la finalisation des infrastructures sanitaires prioritaires.

Quelques mois plus tard, le gouvernement a également classé la reconstruction du Dantec parmi les projets d’infrastructures identifiés comme « bloqués », appelant à la mise en œuvre de mesures financières, administratives et juridiques pour permettre leur reprise et leur achèvement.

Entre urgence médicale et exigence de qualité

Le dossier du Dantec s’inscrit désormais dans une problématique plus large : celle du renforcement du système hospitalier sénégalais. En juillet 2026, le gouvernement a encore insisté sur la nécessité d’améliorer les plateaux techniques, de réduire les évacuations sanitaires et de résorber les retards dans la réhabilitation des établissements publics de santé.

Dans ce contexte, la reconstruction du Dantec revêt une dimension stratégique. L’établissement doit retrouver sa vocation de centre de référence, tout en répondant aux exigences actuelles en matière de soins, de formation et de recherche.

Le retour des patients, principal enjeu

Au-delà des chiffres d’avancement et des annonces administratives, l’attente demeure forte chez les professionnels de santé et les patients. Le véritable indicateur de réussite sera la capacité du nouvel établissement à rouvrir dans des conditions permettant une prise en charge de haut niveau.

Le gouvernement dispose désormais d’un calendrier et d’un niveau d’exécution officiellement communiqués. Reste à transformer cette progression en mise en service effective. Pour un hôpital fermé depuis août 2022, chaque étape supplémentaire vers l’ouverture sera scrutée avec attention par les professionnels de santé comme par les usagers.

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