SENTV : La récente hausse du prix du carburant continue d’alimenter le débat politique au Sénégal. Lors d’un point de presse de Pastef tenu ce mercredi, l’ancien ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop, a livré sa lecture des mécanismes ayant conduit à l’augmentation des prix et défendu les options qui, selon lui, auraient pu permettre de limiter son impact sur les consommateurs.
Membre de Pastef et ancien responsable du département de l’Énergie, Birame Souleye Diop estime notamment que les décisions prises par l’actuel exécutif n’ont pas repris certaines propositions élaborées lorsqu’il était aux responsabilités.
Une fiscalité jugée trop lourde
Selon l’ancien ministre, les travaux menés sur la structure des prix avaient fait apparaître les limites d’une fiscalité fixée à 43 %, dans le schéma qu’il attribue à la stratégie mise en place sous le Premier ministre Ousmane Sonko.
Birame Souleye Diop affirme avoir reçu, le 19 mai dernier, des résultats présentant plusieurs scénarios alternatifs. Parmi les pistes étudiées figuraient notamment des niveaux de fiscalité ramenés à 25 %, 20 % ou 15 %.
Pour l’ancien ministre, ces différentes hypothèses devaient permettre de rechercher un meilleur équilibre entre le prix payé par les consommateurs, les recettes fiscales de l’État et le niveau des subventions accordées au secteur.
Au cours de son intervention, Birame Souleye Diop a soutenu que l’application des conclusions issues de ces travaux aurait pu permettre de ramener le prix du carburant à environ 925 francs CFA, alors que le tarif actuellement retenu s’établit à 990 francs CFA, selon les chiffres avancés lors du point de presse.
Il considère ainsi que l’augmentation enregistrée aurait pu être évitée ou, à tout le moins, limitée grâce à une réorganisation de la fiscalité et à une meilleure gestion du mécanisme de subvention.
L’ancien ministre insiste toutefois sur le caractère progressif de la démarche. À ses yeux, l’objectif ne serait pas de maintenir indéfiniment un système de subventions coûteux, mais de parvenir progressivement à une « vérité des prix », tout en préservant les équilibres budgétaires.
Birame Souleye Diop a également plaidé pour des réformes plus structurelles, notamment une évolution du cadre législatif et réglementaire régissant le secteur des hydrocarbures et la formation des prix.
Son argumentaire repose sur un double impératif : réduire progressivement la dépendance aux subventions tout en évitant que l’ajustement ne pèse brutalement sur les ménages et l’activité économique.
L’ancien ministre considère, en définitive, que la hausse actuelle découle notamment de la non-application des alternatives qu’il affirme avoir défendues lorsqu’il était à la tête du département de l’Énergie.
Cette sortie intervient dans un contexte de débat intense sur le coût de l’énergie, les finances publiques et la stratégie du gouvernement en matière de subventions. Les choix opérés sur les prix des produits pétroliers restent ainsi au cœur des discussions économiques et politiques au Sénégal.