SENTV : La hausse des prix de la viande continue de peser sur le budget des ménages sénégalais. Alors que le kilogramme de bœuf atteint autour de 5 500 francs CFA et celui de mouton environ 7 000 francs CFA selon les prix évoqués par les autorités, le gouvernement avance plusieurs explications à cette tension sur le marché.
En déplacement à Kaolack mercredi pour s’enquérir de la situation des marchés, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, a notamment mis en avant la baisse de l’approvisionnement en bétail en provenance du Mali.
Selon le ministre, la diminution des entrées de bovins et d’ovins contribue directement à réduire l’offre disponible sur le marché sénégalais.
Il a également évoqué les difficultés affectant la circulation des camions à la frontière entre le Sénégal et le Mali. Une situation qui perturberait l’acheminement régulier des troupeaux vers les marchés sénégalais.
« La loi de l’offre et de la demande s’applique. Quand il y a une très faible offre, effectivement, les prix augmentent », a expliqué Serigne Guèye Diop.
Cette baisse de l’offre intervient alors que la demande demeure élevée, accentuant mécaniquement la pression sur les prix.
Le ministre a également souligné une fragilité structurelle du marché sénégalais : la production nationale reste insuffisante pour couvrir l’ensemble des besoins en viande.
« Le Sénégal ne produit pas assez de bovins ni d’ovins pour la consommation locale », a-t-il rappelé.
Cette dépendance est particulièrement visible lors des grandes périodes de consommation. À l’approche de la Tabaski, le pays doit notamment mobiliser plusieurs centaines de milliers de moutons supplémentaires afin de répondre à la demande.
Pour le gouvernement, cette situation démontre la nécessité de renforcer durablement les capacités nationales d’élevage.
À court terme, les possibilités d’intervention de l’État restent limitées, la viande étant commercialisée dans un cadre où les prix ne sont pas fixés de manière administrative.
Le ministre estime donc que la réponse structurelle passe avant tout par une augmentation de la production locale.
« La seule solution, c’est d’augmenter notre production de viande », a-t-il déclaré, tout en estimant que les conditions liées à l’hivernage pourraient contribuer progressivement à améliorer la disponibilité et l’état du cheptel.
La question des prix intervient dans un contexte de forte demande à l’approche du Gamou, événement religieux qui devrait entraîner d’importants déplacements de fidèles, notamment vers Kaolack.
Lors de sa tournée, Serigne Guèye Diop a également fait le point sur l’approvisionnement en produits de grande consommation. Les autorités ont notamment constaté la disponibilité de plusieurs denrées essentielles, parmi lesquelles l’oignon, la pomme de terre, l’huile et le sucre.
Pour les consommateurs, reste désormais à savoir si l’amélioration attendue de l’approvisionnement en bétail permettra de contenir la hausse et de ramener progressivement les prix de la viande à des niveaux plus accessibles.