Santé : le Sénégal plaide pour une réponse africaine plus solidaire et une meilleure souveraineté sanitaire

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SENTV : Le Sénégal a réaffirmé sa volonté de contribuer au renforcement des systèmes de santé africains, à l’occasion de la 76e session du Comité régional de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Afrique, qui se tient à Addis-Abeba.

Portée par le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, la position sénégalaise s’est articulée autour de plusieurs priorités, notamment la souveraineté pharmaceutique, la couverture sanitaire universelle et le renforcement du financement de la santé.

Dans ses interventions, le Sénégal a mis en avant les avancées enregistrées sur le plan de la réglementation pharmaceutique, avec l’ambition d’atteindre le niveau de maturité réglementaire NM3 et de consolider une production locale de médicaments répondant aux standards de qualité.

Le pays a également rappelé les résultats obtenus dans la lutte contre certaines maladies évitables. Il a notamment souligné l’élimination du trachome en tant que problème de santé publique, avec l’accompagnement de l’OMS.

Autre engagement mis en avant : la mise en œuvre de la Convention de Minamata concernant notamment la réduction progressive de l’utilisation des amalgames dentaires. Le Sénégal entend ainsi poursuivre ses efforts en faveur d’une santé publique davantage alignée sur les impératifs environnementaux.

Pour une industrie pharmaceutique africaine davantage intégrée

Dans les discussions consacrées au Plan stratégique régional 2026-2030 et à la Vision santé 2035, Dakar a appelé les États africains à privilégier la coopération dans le développement de leurs capacités pharmaceutiques.

Pour les autorités sénégalaises, la consolidation d’une industrie pharmaceutique africaine ne devrait pas reposer sur une compétition entre pays, mais sur des mécanismes de solidarité permettant de développer les capacités de production et de réduire la dépendance du continent aux importations.

Le Sénégal a également plaidé pour le renforcement des dispositifs d’assurance maladie universelle. L’objectif est de mieux protéger les ménages contre les conséquences financières liées aux dépenses de santé et de faire progresser concrètement la couverture sanitaire universelle.

Réduire les évacuations sanitaires

Autre priorité soulevée par Dakar : le développement de centres d’excellence capables de prendre en charge, sur le continent, des pathologies nécessitant aujourd’hui des évacuations médicales vers l’étranger.

Cette orientation vise à renforcer l’expertise médicale africaine, à améliorer l’offre de soins spécialisés et, à terme, à limiter les coûts humains et financiers liés aux évacuations sanitaires.

Le Sénégal défend par ailleurs une approche de « santé dans toutes les politiques », considérant que les résultats sanitaires dépendent aussi de facteurs liés à l’environnement, à l’éducation, à l’alimentation, à l’habitat et aux conditions socio-économiques.

Sur le plan national, Dakar a rappelé que la Stratégie nationale de Transformation du Système de Santé (SNTSS) 2025-2034 constitue l’un des principaux cadres d’action pour améliorer durablement le système sanitaire et accélérer la marche vers la couverture sanitaire universelle.

Le gouvernement entend également défendre un financement plus durable de l’OMS, considérée comme un acteur central de la coordination sanitaire mondiale et de l’appui aux politiques de santé des États.

À Addis-Abeba, le Sénégal a ainsi affiché sa disponibilité à poursuivre le travail avec l’OMS et les autres États membres pour faire progresser une vision commune de la santé en Afrique : des systèmes plus résilients, une production pharmaceutique mieux maîtrisée et un accès aux soins davantage équitable pour les populations.

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