Plus d’un milliard FCFA en jeu : trois personnes déférées dans une affaire d’investissement immobilier à Diass
SENTV : Une importante affaire présumée d’escroquerie financière secoue le secteur de l’immobilier. La Brigade de recherches (BR) de Keur Massar a interpellé trois personnes soupçonnées d’être impliquées dans une opération portant sur un projet de logements à Samkédj, dans la commune de Diass. Le préjudice financier provisoire dépasserait un milliard de francs CFA, selon les informations rapportées par Seneweb.
Les personnes mises en cause sont C.T. Sall, consultant international âgé de 51 ans et domicilié à Sandiara, A. Diouf, un marabout de 57 ans résidant à Keur Massar, ainsi que J.P.A. Dione, 34 ans, présentée comme responsable d’une agence immobilière à Ouakam.
Tous trois ont été déférés lundi devant le procureur de la République près le Pool judiciaire financier. Ils sont notamment poursuivis pour association de malfaiteurs et escroquerie. À ce stade, les faits demeurent présumés et devront être établis par la justice.
Un projet immobilier présenté comme une opportunité d’investissement
L’affaire aurait commencé à prendre forme autour d’un projet de construction de logements sociaux présenté comme devant être réalisé à Samkédj, dans la commune de Diass.
En février 2026, une commerçante de Kaolack, D. Diaw, responsable d’un GIE et bénéficiant de financements de structures publiques telles que le FONGIP et la DER, aurait été mise en relation avec C.T. Sall par l’intermédiaire de T. Diané.
Selon les éléments de l’enquête rapportés par Seneweb, le projet lui aurait été présenté comme une opération d’investissement susceptible de générer des bénéfices pour les différents participants.
Convaincue par les explications qui lui auraient été fournies, D. Diaw aurait réuni 39,5 millions de FCFA auprès de plusieurs adhérents et engagé cette somme dans l’opération. T. Diané aurait, pour sa part, ajouté 7 millions de FCFA, portant le montant à 46,5 millions de FCFA.
Parallèlement, A. Diouf aurait à son tour présenté le même projet à différents investisseurs. D’après les éléments de l’enquête, les fonds ainsi collectés auraient atteint près d’un milliard de francs CFA.
Les sommes auraient été versées à J.P.A. Dione entre 2021 et 2026. Les investisseurs espéraient obtenir, en contrepartie, une quote-part sur les bénéfices générés par l’opération immobilière.
Mais les retombées financières annoncées ne seraient jamais arrivées.
Le doute autour de l’existence même du projet
Face à l’absence de résultats, D. Diaw aurait entrepris de vérifier directement la réalité du programme immobilier. Ses démarches l’auraient conduite auprès des autorités locales de Diass.
Selon les informations issues de l’enquête, le maire de la commune lui aurait indiqué qu’aucun projet correspondant n’aurait été porté à la connaissance de ses services. Le protocole présenté à l’investisseuse serait ainsi lié à un projet qui n’existerait pas officiellement, selon les constatations rapportées par les enquêteurs.
Cette découverte aurait poussé D. Diaw et T. Diané à saisir la justice contre C.T. Sall. Une enquête a alors été ouverte par la Brigade de recherches de Keur Massar.
Les investigations ont conduit à l’arrestation de C.T. Sall à Sandiara et d’A. Diouf à Keur Massar. J.P.A. Dione a également été appréhendée dans le cadre de la procédure.
Entendu par les enquêteurs, A. Diouf aurait reconnu avoir rejoint le projet en 2021. Il aurait déclaré avoir remis à J.P.A. Dione une somme proche du milliard de francs CFA, correspondant aux fonds collectés auprès de plusieurs investisseurs.
Il aurait expliqué avoir été rassuré sur l’existence et la rentabilité de l’opération et indiqué que le projet aurait été présenté comme étant porté par un ancien colonel, identifié par les initiales B.N.T.
Toujours selon les éléments rapportés, J.P.A. Dione aurait établi différents protocoles destinés à conforter les investisseurs et à faciliter la mobilisation de nouveaux financements.
Les enquêteurs estiment que plusieurs centaines de millions de francs CFA, voire plus d’un milliard, auraient ainsi circulé dans le cadre de cette opération. Le nombre de victimes serait, à titre provisoire, supérieur à 80 personnes.
La Brigade de recherches de Keur Massar poursuit ses investigations afin de déterminer le circuit exact des fonds, le rôle précis de chacun des mis en cause et l’ampleur réelle du préjudice.
D’autres personnes susceptibles d’avoir investi dans ce projet ne se seraient pas encore manifestées auprès des enquêteurs. Leur éventuelle audition pourrait permettre de mesurer davantage l’étendue de cette affaire qui mêle promesses de rendements, collecte de fonds et projet immobilier contesté.