Procès des TikTokeuses : jusqu’à un an de prison ferme requis contre Rox, Jessica, Narou et Ramz Yago

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SENTV : Le procès de Rox la Chancelière, Narou Karma, Jessica et Ramz Yago s’est tenu lundi 14 septembre devant le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye. Après près de six heures d’audience, le ministère public a requis des peines allant de trois mois à un an de prison ferme. Le délibéré est attendu vendredi 18 septembre.

L’audience a été particulièrement animée lundi au Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye. Quatre figures connues des réseaux sociaux, Rokhaya Fall dite Rox la Chancelière, Nafissatou Fall alias Narou Karma, Khadidiatou Kébé dite Jessica et Ramatoulaye Diaw alias Ramz Yago, ont comparu dans le cadre de plusieurs procédures finalement jointes.

Les prévenues sont poursuivies pour différents faits, notamment association de malfaiteurs, injures publiques, diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs, injures envers un agent de l’autorité, menaces de mort, atteinte à la vie privée et insultes visant un groupe de personnes en raison de la race.

Plusieurs parties civiles, dont Ibrahima Fall, Adji Mass et Fatima Fall, n’étaient pas présentes à l’audience. Diodio Sow, représentant Saly Manga dite Anita, a en revanche assisté aux débats.

Rox reconnaît certaines accusations

À la barre, Rox la Chancelière a reconnu une partie des faits qui lui sont reprochés, notamment les injures publiques et les menaces. Elle a expliqué avoir commencé à animer des lives sur TikTok après son départ pour l’Europe en 2011.

La prévenue a également reconnu utiliser un compte secondaire pour consulter les contenus de personnes qui l’auraient bloquée. Elle affirme que d’autres protagonistes, dont Narou, Jessica et Ramz, auraient procédé de la même manière.

Très émue au cours de son interrogatoire, Rox est revenue sur plusieurs conflits l’opposant à des personnes avec lesquelles elle entretenait auparavant des relations. Elle a notamment évoqué la publication d’éléments concernant ses parents décédés et son différend avec Jessica.

Concernant Ramz Yago, Rox a reconnu lui avoir envoyé une image en mode « vue unique », tout en contestant toute diffusion publique de la vidéo.

Ramz reconnaît avoir insulté Rox

Ramatoulaye Diaw alias Ramz Yago a, de son côté, reconnu avoir proféré des insultes à l’encontre de Rox. Elle a expliqué avoir agi sous l’effet de la colère après avoir été confrontée à la diffusion de ses images intimes.

Les deux femmes ont également évoqué la dégradation progressive de leurs relations. Rox affirme notamment avoir aidé Ramz dans ses activités commerciales sur les réseaux sociaux avant que leur relation ne se détériore.

Narou et Jessica également à la barre

Nafissatou Fall, connue sous le nom de Narou Karma, a reconnu avoir insulté Rox. Elle a également admis avoir simulé, dans un groupe WhatsApp, une scène mettant en cause les enfants de cette dernière.

L’audience a également permis de revenir sur certaines relations et échanges entre les protagonistes, notamment autour d’Alex Thiam et de publications diffusées sur les réseaux sociaux.

Khadidiatou Kébé dite Jessica a, elle aussi, reconnu les faits qui lui sont reprochés. Elle a notamment expliqué avoir diffusé une vidéo intime concernant Saly Manga dite Anita dans le contexte d’une polémique dont elle cherchait, selon ses explications, à se défendre.

La partie civile a fait état du préjudice subi par Anita après la diffusion de la vidéo, devenue virale.

Des audios qui ont tendu l’audience

La projection et l’écoute de plusieurs enregistrements ont constitué l’un des moments les plus sensibles de l’audience. Des propos particulièrement virulents entre les différentes protagonistes ont été diffusés devant le tribunal.

Les échanges comportaient notamment des insultes, des accusations réciproques et des propos visant des proches. Les enregistrements attribués à Ramz et Narou ont suscité de vives réactions dans la salle.

Un autre audio mettant en cause Rox dans une affaire supposée de recrutement d’une personne pour s’en prendre à des internautes a également été évoqué au titre de l’accusation d’association de malfaiteurs.

20 millions de francs CFA réclamés à Rox

Sur le volet civil, Me Youssoupha Camara, conseil d’Adji Mass Guèye, a réclamé 20 millions de francs CFA au titre des dommages et intérêts. L’avocat a soutenu que sa cliente aurait été régulièrement dénigrée depuis plusieurs années.

Diodio Sow, représentant Saly Manga dite Anita, a confirmé la constitution de partie civile, tout en indiquant qu’aucune demande de dommages et intérêts n’était formulée.

Le parquet requiert des peines de prison ferme

Dans son réquisitoire, le procureur Sow a considéré que plusieurs infractions étaient constituées. Pour l’association de malfaiteurs, le ministère public estime notamment que les éléments du dossier permettent de retenir les poursuites contre les prévenues.

Concernant la divulgation de données personnelles et la diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs, le parquet a également estimé les faits établis. Pour Rox, le procureur a toutefois requis la relaxe concernant l’infraction de divulgation d’images.

Au terme de son réquisitoire, le ministère public a demandé deux ans de prison, dont un an ferme, contre Rox. Pour Jessica, il a requis deux ans, dont six mois ferme. Narou Karma et Ramz Yago encourent chacune deux ans, dont trois mois ferme, conformément aux réquisitions du parquet.

La défense plaide la relaxe

Les avocats des prévenues ont, pour leur part, contesté plusieurs qualifications retenues par le parquet et sollicité, selon les cas, la relaxe, la nullité de la procédure, la prescription ou l’application bienveillante de la loi.

La défense de Rox a notamment soulevé la question de la prescription de certains faits et contesté plusieurs chefs de poursuite. Les conseils de Ramz ont plaidé la relaxe et invoqué notamment l’excuse de provocation.

Pour Jessica et Narou, la défense a contesté la qualification d’association de malfaiteurs et demandé leur relaxe.

Les débats ont également été marqués par un échange tendu entre Me El Hadj Diouf et le président du tribunal, Ndoye, ce dernier rappelant à l’avocat la nécessité de rester dans le cadre du dossier.

À l’issue des plaidoiries, le tribunal a rejeté la demande de mise en liberté provisoire formulée par la défense après opposition du parquet.

Le président Ndoye a finalement mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu ce vendredi 18 septembre 2026.

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