Papa Saliou Ciss « Keylor » : des vidéos sur les produits sénégalais au cœur d’une affaire judiciaire
SENTV : Papa Saliou Ciss, Keylor sur TikTok, doit être déféré au parquet après son placement en garde à vue. L’administrateur de comptes sur les réseaux sociaux est mis en cause à la suite de vidéos évoquant un supposé boycott de produits fabriqués au Sénégal.
Les ennuis judiciaires se précisent pour Papa Saliou Ciss, alias Keylor. Placé en garde à vue après une plainte liée à des publications diffusées sur TikTok, l’intéressé doit être présenté au parquet pour des faits présumés de diffamation, de collecte illicite de données à caractère personnel, d’incitation à la discrimination raciale et d’appel à la haine.
À l’origine de cette procédure, des vidéos dans lesquelles le créateur de contenus évoque un éventuel boycott de plusieurs produits locaux, notamment les eaux Kirène, Séo et Casamançaise, ainsi que le sucre produit au Sénégal. Le plaignant lui reproche des accusations jugées dénigrantes à l’égard de commerçants et susceptibles d’alimenter des tensions entre opérateurs économiques sénégalais et étrangers.
Keylor reconnaît les vidéos, mais conteste les accusations
Entendu par les enquêteurs en présence de ses avocats, Papa Saliou Ciss a reconnu être l’auteur des séquences incriminées, publiées sur son compte TikTok « @keylor1004 ». Il a néanmoins rejeté les griefs formulés contre lui.
Pour sa défense, il affirme avoir voulu attirer l’attention des autorités sur la disponibilité des produits locaux et la protection des consommateurs. Concernant les commerçants filmés, il soutient que ceux-ci étaient informés des prises de vues et précise avoir flouté leurs visages dans les vidéos diffusées.
Sur la question du boycott présumé, le mis en cause assure ne pas avoir présenté cette hypothèse comme une certitude. Il affirme également n’avoir visé aucune communauté étrangère et rejette toute intention de stigmatisation ethnique.
Se présentant comme un lanceur d’alerte, il soutient que sa démarche visait exclusivement à défendre les intérêts des consommateurs et à interpeller les autorités compétentes.
Le plaignant conteste, pour sa part, l’interprétation avancée dans les publications. Selon ses déclarations, les ruptures de stock constatées seraient liées à des difficultés d’approvisionnement et non à une volonté de boycotter les produits fabriqués au Sénégal.
Il affirme également que les membres de la Fédération nationale des boutiquiers du Sénégal (FNBM) commercialisent des produits locaux dans le respect de la réglementation en vigueur.
L’affaire entre désormais dans une nouvelle phase avec le déferrement annoncé de Papa Saliou Ciss devant le parquet. Les faits qui lui sont reprochés devront être examinés par les autorités judiciaires compétentes.