Fraude à l’état civil à Dakar : la police met au jour un système parallèle et interpelle onze personnes
SENTV : Un nouveau coup de filet d’envergure a été réalisé par la Sûreté Urbaine du Commissariat central de Dakar. Le 4 mai 2026, les enquêteurs ont mis fin aux activités d’une association de malfaiteurs impliquée dans un vaste système de falsification de documents administratifs, d’usage de faux et de substitution de parenté. Au total, onze individus ont été interpellés, selon des sources sécuritaires.
Une enquête déclenchée par une alerte administrative
L’affaire trouve son origine dans une saisine de la Direction de l’Automatisation du Fichier (DAF). Des vérifications de routine ont permis de détecter une anomalie : un lutteur de renom aurait établi frauduleusement une déclaration de naissance au centre d’état civil de Wakhinane Nimzatt, en utilisant un numéro d’acte déjà attribué à une autre personne.
Cette découverte a conduit à l’ouverture d’une enquête approfondie, révélant un système de fraude bien organisé et ancré dans les pratiques administratives locales.
Un dispositif frauduleux bien rodé
Les investigations menées sur place ont mis en évidence de graves dysfonctionnements dans la gestion des registres d’état civil. Les enquêteurs ont notamment relevé :
l’utilisation de registres irréguliers, non cotés, non paraphés et non clôturés ;
l’existence d’un registre parallèle destiné à régulariser illicitement des individus, qu’ils soient nationaux ou étrangers ;
de multiples anomalies matérielles, notamment des pages manquantes et des incohérences dans la numérotation.
Avec l’autorisation du président du tribunal d’instance de Guediawaye, les forces de l’ordre ont procédé à la saisie des documents incriminés.
Des documents de souveraineté obtenus frauduleusement
L’exploitation des pièces saisies a permis de confirmer l’ampleur du réseau. De nombreux individus, en majorité des ressortissants étrangers, auraient obtenu de manière indue des documents officiels sénégalais, notamment :
des cartes nationales d’identité (CNI),
des passeports,
des certificats de nationalité,
ainsi que des permis de conduire.
Ces éléments laissent entrevoir un trafic structuré, susceptible d’avoir des répercussions sur la sécurité administrative et territoriale.
Placés en garde à vue, les mis en cause devraient être présentés au parquet dans les prochains jours. L’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuelles ramifications et complices.
Dans un communiqué, la Police nationale rappelle qu’elle reste mobilisée pour lutter contre la fraude documentaire et invite les citoyens à signaler toute information utile via le numéro vert gratuit : 800 00 17 00.

