SENTV : À l’issue de la deuxième journée du symposium national consacré à l’enseignement privé, tenue ce mardi, les autorités éducatives sénégalaises tracent les contours d’une refondation attendue du secteur. Entre diagnostic lucide et ambitions affichées, trois piliers majeurs ont été identifiés pour impulser un changement durable dès cette année : structuration, régulation et développement.
Les travaux des différentes commissions ont mis en lumière un tableau contrasté. Si le secteur privé de l’éducation affiche un dynamisme réel et une capacité d’innovation notable, il reste confronté à plusieurs défis, notamment des fragilités économiques, une forte présence de l’informel et des disparités marquées en matière de qualité de l’enseignement.
Face à ces constats, les acteurs du secteur ont exprimé de fortes attentes vis-à-vis du Ministère de l’Éducation nationale, appelant à un accompagnement plus structuré et à une meilleure organisation du cadre institutionnel.
Clôturant les travaux, le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, a salué « un diagnostic sans complaisance » et insisté sur la nécessité de traduire rapidement les recommandations en actions concrètes. Parmi les priorités évoquées figurent la réforme du cadre réglementaire, la viabilité économique des établissements, le renforcement des partenariats public-privé, ainsi que la mise en place de standards de qualité harmonisés.
Une attention particulière a également été accordée à la formation et à la protection des enseignants, considérées comme des leviers essentiels pour améliorer durablement les performances du système éducatif privé.
Au-delà des enjeux institutionnels, le symposium a mis en évidence des initiatives déjà en cours sur le terrain. Certaines structures, à l’image de l’école franco-sénégalaise, expérimentent des modèles hybrides combinant programmes nationaux et internationaux, tout en intégrant des outils numériques innovants comme les Fab Labs.
De son côté, l’IQRA Bilingual Academy s’inscrit dans une approche pédagogique axée sur l’immersion linguistique, en français, anglais et arabe, avec une ouverture à des profils d’élèves diversifiés, y compris issus de parcours non francophones.
Ces expériences illustrent un secteur en pleine transformation, où innovation pédagogique et ouverture internationale cohabitent avec des défis structurels persistants. Dans ce contexte, les recommandations issues du symposium apparaissent comme un cadre de référence pour accompagner cette dynamique.
Reste désormais à assurer leur mise en œuvre effective. Car pour de nombreux observateurs, l’enseignement privé sénégalais se trouve aujourd’hui à un moment charnière, entre réformes attendues et mutations déjà engagées.