Saint-Louis : une pirogue partie de Djiffer avec 126 migrants termine sa course à l’Hydrobase
SENTV : Ce qui devait être un voyage vers l’Europe s’est finalement transformé en une longue dérive en mer. Cent vingt-six candidats à la migration irrégulière ont été interceptés par les forces de défense et de sécurité après l’échouement de leur embarcation à l’Hydrobase, dans la commune de Gandon, près de Saint-Louis.
L’opération a été déclenchée à la suite d’une alerte reçue le lundi 1er juin par la Brigade territoriale de Saint-Louis. Informés de la présence d’une pirogue en difficulté, les gendarmes ont rapidement mobilisé un dispositif conjoint avec l’Escadron de Surveillance et d’Intervention (ESI) de Saint-Louis 1 et une patrouille de la Base navale Nord de la Marine nationale.
À leur arrivée, les secours ont découvert une embarcation lourdement éprouvée par plusieurs jours de navigation, transportant des dizaines de personnes épuisées après une semaine passée en mer.
Selon les premiers éléments de l’enquête, les migrants avaient embarqué depuis l’île de Djiffer, dans la région de Fatick, dans la nuit du 24 mai dernier. Leur destination finale n’a pas été officiellement précisée, mais les enquêteurs estiment qu’il s’agissait d’une tentative de rejoindre l’Europe par la route atlantique.
Au fil du voyage, la pirogue aurait été déportée vers les eaux mauritaniennes avant de rencontrer des difficultés qui ont compromis la poursuite de la traversée. Après huit jours d’errance, l’embarcation a finalement échoué sur les côtes saint-louisiennes.
L’interception a permis d’éviter une issue potentiellement dramatique, alors que les conditions de navigation devenaient de plus en plus précaires.
Des passagers venus de plusieurs pays de la sous-région
Le groupe intercepté est composé de 126 personnes, dont 87 Sénégalais, 28 Maliens, 6 Gambiens et 5 ressortissants guinéens. Parmi eux figurent également une femme et son enfant âgé de seulement quatre ans.
Cette diversité des nationalités confirme le caractère transfrontalier des réseaux de migration clandestine opérant sur la façade ouest-africaine.
Les auditions menées par les enquêteurs révèlent par ailleurs que les passagers auraient versé des sommes comprises entre 200 000 et 600 000 francs CFA pour obtenir une place à bord de l’embarcation.
Lors de l’opération, les forces de sécurité ont procédé à la saisie de plusieurs équipements utilisés pour la navigation. Parmi le matériel récupéré figurent un moteur hors-bord Yamaha de 60 chevaux, treize bidons de carburant, une moto-pompe ainsi que la pirogue endommagée.
Ces éléments devraient être exploités dans le cadre des investigations en cours afin d’établir les circonstances exactes du voyage et les responsabilités des organisateurs.
Deux personnes placées en garde à vue
Les investigations ont permis d’identifier le capitaine présumé de l’embarcation ainsi que son second. Les deux hommes ont été placés en garde à vue pour trafic de migrants.
Les enquêteurs cherchent désormais à remonter l’ensemble de la filière ayant organisé cette opération. L’objectif est d’identifier les recruteurs, les intermédiaires et les éventuels complices impliqués dans la préparation du voyage.
Cette nouvelle affaire illustre une fois encore la persistance des départs clandestins depuis les côtes sénégalaises malgré le renforcement des dispositifs de surveillance maritime.
Chaque année, des centaines de jeunes originaires du Sénégal et de la sous-région tentent leur chance sur la route atlantique, l’une des plus périlleuses au monde. Entre espoir d’un avenir meilleur et risques de disparition en mer, ces traversées continuent d’alimenter l’activité des réseaux de passeurs, régulièrement ciblés par les forces de sécurité.
L’enquête ouverte à Saint-Louis devra désormais déterminer l’étendue du réseau impliqué dans cette tentative de migration irrégulière et permettre, selon les autorités, de prévenir de nouveaux départs clandestins depuis les côtes sénégalaises.



