Crise larvée au sein de Pastef : Aldiouma Sow défend Diomaye Faye et dénonce une « dérive messianique »
SENTV : La fracture politique qui traverse les rangs de PASTEF continue de se dévoiler au grand jour. Dans une longue tribune au ton offensif, Aldiouma Sow a pris position en faveur du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, tout en adressant de vives critiques à ce qu’il qualifie de « dérive messianique » susceptible, selon lui, de menacer l’avenir du parti au pouvoir.
L’auteur du texte salue d’abord la constance du chef de l’État dans sa volonté de promouvoir le dialogue politique. Selon lui, l’ouverture prônée par Bassirou Diomaye Faye ne relève ni d’une stratégie circonstancielle ni d’un calcul politique, mais constitue un principe de gouvernance assumé depuis son accession à la magistrature suprême.
Pour Aldiouma Sow, les différentes initiatives de concertation engagées par le président démontrent une fidélité à une vision politique fondée sur l’écoute et le consensus, malgré un contexte marqué par les tensions internes à la majorité.
Le rejet de toute idée de « pacte secret »
L’un des principaux axes de la tribune concerne les spéculations récurrentes autour de supposés accords conclus avant l’élection présidentielle de 2024. Aldiouma Sow affirme catégoriquement que Bassirou Diomaye Faye n’a jamais souscrit à un quelconque arrangement politique secret durant sa détention.
Selon lui, le président n’aurait pris aucun engagement autre que celui contenu dans son programme de gouvernement et dans le serment constitutionnel prêté devant la Nation.
L’auteur soutient que l’action du chef de l’État doit être évaluée exclusivement à l’aune de ses engagements publics et non sur la base de rumeurs ou de récits construits autour des événements ayant précédé l’élection présidentielle.
Des accusations de confiscation du « Projet »
Au-delà de la défense du président, la contribution d’Aldiouma Sow constitue également une charge contre certaines pratiques qu’il estime contraires à l’esprit fondateur de PASTEF.
L’auteur revient notamment sur les investitures électorales de 2022 et les choix opérés lors des élections locales et législatives. Il reproche à certains responsables d’avoir privilégié des alliés de circonstance au détriment de militants historiques, de cadres du parti, de jeunes responsables et de femmes engagées dans le combat politique depuis les premières heures.
À ses yeux, cette logique aurait progressivement éloigné le parti de son projet initial et fragilisé sa base militante.
Diomaye Faye présenté comme garant de l’équilibre institutionnel
Dans sa tribune, Aldiouma Sow décrit Bassirou Diomaye Faye comme un acteur ayant cherché, dès son arrivée au pouvoir, à préserver l’équilibre entre les exigences de l’État et les intérêts partisans.
Il affirme que le chef de l’État aurait, à plusieurs reprises, alerté les responsables du parti sur les risques d’une personnalisation excessive du pouvoir politique. Ces mises en garde auraient été formulées lors de réunions internes, de tournées économiques et de rencontres avec des cadres, des élus locaux et des responsables de structures partisanes.
L’auteur estime que le président agit dans le cadre de ses prérogatives constitutionnelles de garant du fonctionnement régulier des institutions et de la cohésion nationale.
Appel aux ministres et aux cadres de la majorité
Dans la dernière partie de son texte, Aldiouma Sow apporte un soutien explicite aux ministres et responsables politiques ayant choisi de répondre à l’appel du président de la République malgré les critiques dont ils font l’objet au sein du parti.
Il considère que leur position demeure conforme aux principes énoncés dans « L’Appel aux patriotes », texte fondateur de PASTEF qui place la Nation et la République au-dessus des intérêts particuliers.
L’auteur invite également les cadres encore hésitants à se détourner de ce qu’il décrit comme une logique de personnalisation du combat politique pour privilégier une approche davantage centrée sur les institutions et les valeurs républicaines.
Cette sortie d’Aldiouma Sow intervient dans un contexte marqué par une multiplication des prises de position publiques au sein de la mouvance présidentielle. Elle illustre les débats qui traversent actuellement PASTEF autour de la gouvernance du pouvoir, de la place des institutions et de l’orientation future du « Projet » porté par le parti depuis plusieurs années.