Cent ans d’Abdoulaye Wade : Diomaye érige l’ancien président au rang de patrimoine national

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SENTV : La célébration du centenaire d’Abdoulaye Wade, organisée ce jeudi au Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose, a pris les allures d’un moment de communion républicaine. Devant un parterre composé d’anciens dignitaires de l’État, de responsables politiques, de diplomates et de proches de l’ancien chef de l’État, le président Bassirou Diomaye Faye a livré un hommage empreint de respect et de reconnaissance à celui qu’il considère désormais comme une figure appartenant à toute la Nation.

Au-delà des appartenances partisanes, des générations et des divergences politiques qui ont marqué l’histoire du Sénégal, le chef de l’État a mis en exergue ce qu’il présente comme le fil conducteur du parcours de Me Abdoulaye Wade : une fidélité constante à l’intérêt supérieur du pays et à l’idéal panafricain.

« Le président Wade n’appartient plus au seul PDS. Il appartient désormais au patrimoine de notre nation », a déclaré Bassirou Diomaye Faye, donnant à cette célébration une portée qui dépasse largement le cadre partisan.

L’image d’un homme resté debout face à l’adversité

Dans son allocution, le président de la République a dressé le portrait d’un homme dont la carrière politique est marquée par la persévérance. Revenant sur les multiples échecs électoraux subis par Abdoulaye Wade avant son accession au pouvoir en 2000, il a présenté cette trajectoire comme une leçon de résilience politique.

Selon lui, les quatre défaites présidentielles enregistrées avant l’alternance historique auraient pu conduire à l’abandon. Mais l’ancien opposant a choisi de poursuivre son combat, convaincu que la conquête démocratique exige patience et endurance.

Pour Bassirou Diomaye Faye, cette capacité à résister aux revers demeure l’un des enseignements majeurs légués aux nouvelles générations de responsables publics.

Une référence pour la démocratie sénégalaise

Le chef de l’État a également insisté sur le rôle joué par Abdoulaye Wade dans la consolidation de la démocratie sénégalaise. Il a particulièrement salué l’alternance pacifique de l’an 2000, considérée comme un tournant majeur de l’histoire politique du pays.

Évoquant la relation entre Abdoulaye Wade et Abdou Diouf lors de cette transition, Bassirou Diomaye Faye a souligné que les deux hommes ont démontré que le pouvoir pouvait se transmettre dans le respect de la volonté populaire et des institutions républicaines.

Dans un contexte où les démocraties africaines sont régulièrement confrontées à des tensions politiques, le président sénégalais a rappelé que la démocratie constitue un héritage collectif à préserver plutôt qu’un acquis définitif.

Le savoir comme instrument de liberté

L’hommage présidentiel a également mis en lumière le parcours intellectuel de l’ancien chef de l’État. Formé à l’école William Ponty avant d’obtenir plusieurs diplômes universitaires en droit et en économie, Abdoulaye Wade a été présenté comme un homme ayant toujours placé le savoir au cœur de son engagement.

Bassirou Diomaye Faye a rappelé sa participation aux grands débats intellectuels du continent aux côtés de figures majeures telles qu’Alioune Diop, Léopold Sédar Senghor et Cheikh Anta Diop.

Selon le président de la République, cette dimension intellectuelle a fortement influencé la vision politique de Wade, fondée sur la conviction que l’émancipation des peuples africains passe d’abord par la maîtrise du savoir.

Le bâtisseur et l’homme des grands projets

Le discours a également mis en avant l’ambition portée par l’ancien président durant son passage à la tête de l’État. Refusant ce qu’il considérait comme une fatalité liée au manque de ressources, Abdoulaye Wade a défendu une politique de grands projets visant à inscrire le Sénégal dans une dynamique de modernisation.

Parmi les réalisations citées figurent le Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose, le Musée des Civilisations Noires ainsi que le Monument de la Renaissance africaine, infrastructures qui continuent de marquer le paysage culturel et symbolique du pays.

Pour Bassirou Diomaye Faye, ces projets traduisaient une même conviction : celle qu’un pays ne peut progresser sans ambition collective ni vision à long terme.

« Le Sénégal d’abord, l’Afrique d’abord »

Au cœur de cet hommage, le président de la République a surtout retenu la constance d’un engagement. Selon lui, Abdoulaye Wade a toujours placé le Sénégal au-dessus des intérêts individuels ou des calculs politiques.

Son parcours, a-t-il soutenu, rappelle que l’unité nationale demeure plus forte que les oppositions circonstancielles et que la défense de l’intérêt général doit rester la boussole de toute action publique.

En s’adressant directement à son prédécesseur dans les dernières minutes de son discours, Bassirou Diomaye Faye a salué « un homme de combat, jamais de rancune », avant de lui souhaiter longue vie et une santé durable.

À travers cette célébration du centenaire, l’État sénégalais a ainsi consacré Abdoulaye Wade non seulement comme un ancien président de la République, mais comme l’une des figures majeures de l’histoire politique contemporaine du Sénégal et de l’Afrique.

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