Tensions à l’Université Numérique Cheikh Hamidou Kane (UN-CHK), des étudiants de la Promotion 10 dénoncent des retards de bourses et des dysfonctionnements administratifs
SENTV : À l’Université Numérique Cheikh Hamidou Kane (UN-CHK), des étudiants de la Promotion 10 tirent la sonnette d’alarme face à une situation qu’ils qualifient de crise structurelle, marquée par des retards de bourses, des résultats académiques non publiés et des difficultés logistiques persistantes.
Dans un communiqué rendu public, le Collectif des étudiants de la Promotion 10 interpelle les autorités universitaires et étatiques sur ce qu’il considère comme une dégradation continue des conditions d’études au sein de l’établissement.
Des retards de bourses au cœur des revendications
Les étudiants affirment attendre le paiement de huit mois de bourse correspondant à leur troisième année de formation. Selon eux, le cursus de l’UN-CHK est prévu sur 36 mois, mais seuls 24 mois auraient été effectivement versés à ce jour.
Le collectif estime que ces retards sont liés à des lenteurs administratives répétées et souligne que les étudiants subissent directement les conséquences de ces dysfonctionnements, sans en être responsables.
Promotions 11 et 12 dans l’attente des résultats
Au-delà des questions financières, les étudiants évoquent également des blocages académiques. Les Promotions 11 et 12 n’auraient toujours pas accès à leurs résultats, indispensables pour la poursuite de leur parcours universitaire, ce qui entretient un climat d’incertitude.
Promotion 13 : manque d’outils pédagogiques
Les étudiants de la Promotion 13 sont également concernés. Ils dénoncent l’absence d’outils de travail nécessaires à leur formation, alors que d’autres établissements d’enseignement supérieur ont déjà repris les cours avec les équipements requis. Une situation jugée incompatible avec le modèle d’enseignement numérique revendiqué par l’université.
Des démarches restées sans issue
Le collectif indique avoir multiplié les démarches auprès de différentes autorités, notamment lors d’échanges avec l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur. Toutefois, la dissolution récente du gouvernement aurait interrompu les discussions sans aboutir à des solutions concrètes.
Les étudiants évoquent un sentiment d’abandon et estiment que leurs préoccupations ne bénéficient pas d’un traitement prioritaire.
Une gestion administrative critiquée
Dans leur communiqué, les étudiants dénoncent également la gestion administrative de l’université, qu’ils jugent insuffisante après plus de seize mois d’activités. Ils estiment que les problèmes persistants traduisent un manque de réponses efficaces de la part de l’administration.
Des revendications fermes
Face à cette situation, le collectif formule plusieurs demandes, notamment :
- le paiement immédiat des huit mois de bourse dus ;
- le respect des 36 mois de prise en charge prévus ;
- la publication des résultats des Promotions 11 et 12 ;
- la mise à disposition des outils pédagogiques pour la Promotion 13 ;
- une transparence sur la gestion des dossiers étudiants ;
- des explications publiques sur les blocages administratifs.
Les étudiants demandent également le départ du recteur et un renouvellement de l’équipe dirigeante de l’université. Ils réclament en outre la dissolution de la fédération des étudiants, qu’ils jugent inefficace dans la défense des intérêts estudiantins.
Appel aux autorités ministérielles
Le collectif interpelle enfin le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, l’exhortant à s’impliquer directement afin de trouver des solutions urgentes à cette crise.
Une situation toujours sans issue
En attendant des réponses concrètes, les étudiants assurent rester mobilisés et n’excluent pas de nouvelles actions « légales et pacifiques » pour faire entendre leurs revendications.
Entre retards de paiement, blocages académiques et difficultés organisationnelles, la situation à l’UN-CHK continue de susciter inquiétude et tensions au sein de la communauté estudiantine.