SENTV : Le débat autour du retour d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale continue de susciter de vives réactions sur la scène politique sénégalaise. Dans un communiqué rendu public, le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) a dénoncé une démarche qu’il juge contraire aux dispositions légales en vigueur, réclamant le retrait du leader de PASTEF de la liste des députés.
La coalition de l’opposition estime que la réintégration de l’ancien Premier ministre au sein de l’hémicycle ne repose sur aucune base juridique valable. Selon le FDR, cette situation résulte d’une interprétation contestée des textes régissant le statut des parlementaires et des membres du gouvernement.
Le Front affirme s’appuyer notamment sur l’article LO172 du Code électoral, qu’il interprète comme entraînant la perte automatique du mandat de député pour tout élu nommé au gouvernement et n’ayant pas quitté ses fonctions ministérielles dans les délais prévus par la loi. Pour les responsables de la coalition, les modifications introduites dans le règlement intérieur de l’Assemblée nationale ne sauraient se substituer aux dispositions du Code électoral ni aux exigences constitutionnelles.
Dans son argumentaire, le FDR soutient également que l’article 54 de la Constitution encadre strictement les conditions dans lesquelles un ancien membre du gouvernement peut retrouver un siège au Parlement. La coalition considère qu’une éventuelle réforme en ce sens devrait passer par une loi organique et non par une simple révision du règlement intérieur de l’institution parlementaire.
Par ailleurs, le Front salue la mobilisation d’une partie de l’opposition contre ce qu’il qualifie de dérive institutionnelle. Il met en avant la signature d’une déclaration commune par plusieurs partis et mouvements politiques ainsi que la saisine du Conseil constitutionnel par des députés de l’opposition, une initiative présentée comme une démarche visant à obtenir une clarification juridique sur ce dossier.
Estimant que les nouvelles dispositions adoptées par l’Assemblée nationale soulèvent des interrogations quant à leur conformité aux textes supérieurs, le FDR appelle à l’annulation de l’acte concerné. La coalition considère que le respect de la hiérarchie des normes demeure un impératif pour garantir la stabilité institutionnelle et la crédibilité de l’État de droit.
Dans la même dynamique, elle invite les forces politiques et citoyennes à maintenir la vigilance afin de préserver le fonctionnement régulier des institutions républicaines et le respect des principes démocratiques.