Audience sous tension au Maroc : la défense des 18 Sénégalais dénonce un procès fragilisé par l’absence de preuves

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SENTV : Le procès des 18 ressortissants sénégalais poursuivis au Maroc connaît un nouveau tournant, après une audience particulièrement houleuse tenue le lundi 13 avril 2026. En cause : de vives contestations de la défense sur la solidité du dossier et le déroulement des débats.

Dans une déclaration publiée mardi, Me Kabou, conseil des accusés, a livré un témoignage circonstancié des échanges devant la juridiction d’appel. L’avocat affirme avoir axé sa plaidoirie sur ce qu’il considère comme « l’incohérence » des accusations, pointant l’absence d’éléments matériels probants.

Selon ses propos, les preuves annoncées au cours de la procédure – notamment des vidéos et des photographies – n’auraient pas été présentées lors de l’audience. Une situation que la défense juge incompatible avec les exigences du droit pénal, fondé sur l’administration de la preuve et le respect des droits des justiciables.

L’audience a été marquée par un incident notable lorsque le président de la Cour a interrompu la plaidoirie, demandant à l’avocat de modérer ses propos. Me Kabou indique avoir رفضé de revenir sur ses déclarations, estimant agir dans le cadre de sa mission de défense.

Autre point de crispation : la langue utilisée lors des débats. Le magistrat aurait rappelé que la législation marocaine impose l’usage de l’arabe dans les plaidoiries. Une exigence contestée par l’avocat, qui y voit une modification des règles en pleine audience, susceptible de porter atteinte à l’équité du procès.

Dans ce contexte tendu, la défense a annoncé une mesure forte : les accusés ne répondront plus aux questions tant que les conditions d’un procès équitable ne seront pas garanties. Me Kabou a également demandé que ces incidents soient consignés officiellement dans le procès-verbal d’audience.

Cette affaire suscite une attention particulière au Sénégal, où l’opinion publique suit de près le sort des détenus. Elle relance également le débat sur les garanties judiciaires accordées aux ressortissants étrangers et sur le respect des standards internationaux en matière de justice.

À ce stade, les autorités judiciaires marocaines n’ont pas réagi publiquement aux déclarations de la défense. La suite de la procédure pourrait s’avérer déterminante dans un dossier désormais marqué par une défiance croissante entre les parties.

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