Financement de l’État : Alioune Diouf auditionné sur les TRES et les opérations de 2025

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SENTV : L’ancien directeur de la Dette publique, Alioune Diouf, a été entendu le 12 octobre 2026 par la commission d’enquête parlementaire sur le recours aux Titres de Recettes de l’État (TRES). Les échanges ont notamment porté sur les besoins de financement du Sénégal, les opérations conclues avec plusieurs institutions financières et les risques associés à ces instruments.

La commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner les mécanismes de financement de type Titres de Recettes de l’État (TRES) poursuit ses investigations. Le lundi 12 octobre 2026, elle a auditionné Alioune Diouf, ancien directeur de la Dette publique, dans le cadre de ses travaux portant sur la période du 22 janvier 2025 au 17 juin 2026.

Cette audition a permis de revenir sur les conditions dans lesquelles l’État a mobilisé des ressources financières en 2025, ainsi que sur les procédures de structuration et de contractualisation des opérations concernées.

Un besoin de financement estimé à plus de 6 000 milliards FCFA

Nommé à la tête de la Direction de la Dette publique le 22 janvier 2025, Alioune Diouf a occupé cette fonction jusqu’au 17 juin 2026. Ses responsabilités portaient notamment sur la mobilisation des financements, la gestion administrative de la dette et le suivi des opérations de l’État.

Devant les parlementaires, il a indiqué que les besoins de financement de l’État pour l’exercice 2025 étaient initialement évalués à environ 6 075 milliards de francs CFA, conformément aux autorisations budgétaires.

La suspension de certains programmes avec des partenaires techniques et financiers à la fin de l’année 2024 aurait contribué à la recherche de sources alternatives de financement. Les autorités se sont notamment tournées vers le marché intérieur et des institutions financières pour répondre aux besoins de trésorerie de l’État.

Les députés se sont penchés sur plusieurs opérations réalisées entre avril et novembre 2025, impliquant notamment Société Générale, First Abu Dhabi Bank (FAB) et Africa Finance Corporation (AFC).

Parmi les transactions examinées figurent une opération du 18 avril 2025, associée à un financement net estimé à 27,8 milliards de FCFA, ainsi que des opérations liées à First Abu Dhabi Bank les 26 mai et 27 juin, pour un montant net annoncé d’environ 137,7 milliards de FCFA.

Les discussions ont également porté sur différentes tranches réalisées avec Africa Finance Corporation les 2 juillet, 25 juillet et 14 novembre 2025. Certaines auraient permis de mobiliser plus de 70 milliards de FCFA en juillet et près de 39 milliards en novembre.

Le récapitulatif présenté à la commission fait état d’un financement net cumulé d’environ 720,8 milliards de FCFA. Ce montant reste toutefois à rapprocher des contrats et des tableaux financiers détaillés, des incohérences ayant été relevées entre certains montants bruts et nets.

Les opérations examinées comportaient généralement des échéances comprises entre un et trois ans, avec des taux indexés sur l’Euribor, auxquels s’ajoutait une marge.

Au-delà des montants mobilisés, les parlementaires ont interrogé l’ancien responsable sur les risques associés aux TRES, notamment les risques de change et de liquidité.

Alioune Diouf a défendu les modalités de structuration retenues, estimant que les dispositifs adoptés avaient permis de limiter l’exposition à ces risques. Les échanges ont également abordé les appels de marge, les taux de rendement et les mécanismes destinés à sécuriser les transactions.

La commission s’est par ailleurs intéressée à la chaîne de décision ayant conduit à la mise en œuvre de ces financements. Le rôle de la Direction de la Dette publique, l’intervention des autorités financières et des services techniques et juridiques, ainsi que les conditions de sélection des partenaires ont été examinés.

L’objectif est notamment de déterminer dans quel cadre les opérations ont été autorisées, comment les propositions financières ont été évaluées et quelles conséquences elles peuvent avoir sur les finances publiques.

La commission réclame des pièces complémentaires

À l’issue de l’audition, des documents administratifs, juridiques et financiers ont été demandés afin de compléter les investigations. Les pièces attendues comprennent notamment les notes d’opportunité, les dossiers de sélection des partenaires, les avis juridiques, les rapports de notation et les tableaux d’actionnariat.

Ces documents doivent permettre aux députés de retracer les différentes étapes des opérations, de vérifier les conditions de contractualisation et de confronter les montants annoncés aux données financières détaillées.

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