FMI–Sénégal : le Frapp rejette l’accord de 1 243 milliards et appelle à la mobilisation

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SENTV  : Le Front pour une révolution anti-impérialiste, populaire et panafricaine (Frapp) hausse le ton contre le nouvel accord conclu entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI). Réunis en conférence de presse ce mercredi 2 septembre 2026, les responsables du mouvement ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « forfaiture » et demandé au gouvernement de suspendre les dispositions de l’accord susceptibles, selon eux, d’aggraver la pression de la dette sur les populations.

La contestation prend de l’ampleur au lendemain de l’annonce d’un accord au niveau des services entre Dakar et le FMI. Le programme envisagé, d’une durée de 36 mois, porte sur environ 2,2 milliards de dollars, soit près de 1 243 milliards de francs CFA, pour accompagner les réformes économiques et financières du Sénégal sur la période 2026-2029. L’accord reste toutefois soumis à l’approbation du Conseil d’administration du FMI.

Pour le Frapp, cette nouvelle coopération avec l’institution financière internationale constitue une orientation dangereuse pour le pays.

Le Frapp réclame la suspension de l’accord

Prenant la parole lors de la conférence de presse, le délégué général du Frapp, Souleymane Guèye, a appelé l’Exécutif à mettre un coup d’arrêt aux dispositions qu’il juge défavorables aux Sénégalais.

« Que le gouvernement suspende toutes les dispositions de l’accord qui ne vont faire qu’alourdir le poids de la dette », a-t-il déclaré.

Le responsable du mouvement a également exhorté les différentes composantes de la société à se mobiliser contre les orientations retenues dans le cadre de cet accord.

Selon lui, le gouvernement aurait choisi de faire supporter aux ménages les conséquences des engagements pris envers les créanciers. Il estime que « 11 millions de ménages » risquent ainsi de payer le prix des décisions économiques prises dans le cadre du programme.

« Nous refusons que le Sénégal soit un laboratoire »

Le Frapp s’est particulièrement attaqué à la place accordée au FMI dans la nouvelle stratégie économique du Sénégal. Souleymane Guèye accuse l’institution de vouloir expérimenter au Sénégal des politiques conçues ailleurs.

« Nous n’accepterons pas cela. Les mobilisations ont commencé et continueront de plus belle », a-t-il prévenu, tout en plaidant pour l’organisation de concertations nationales afin de rechercher des réponses qu’il qualifie de « solutions endogènes » à la crise financière.

Cette sortie intervient alors que le gouvernement défend une stratégie visant à restaurer la soutenabilité de la dette tout en préservant les dépenses sociales et les investissements. Le FMI indique également que le programme doit contribuer à renforcer la transparence budgétaire, réduire les vulnérabilités financières et soutenir une croissance durable.

Autre point de friction : la terminologie employée par les autorités sénégalaises. Le gouvernement parle désormais de Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS) plutôt que de restructuration classique.

Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a expliqué que ce mécanisme vise notamment à améliorer le profil de la dette, réduire progressivement le poids de son service et redonner des marges de manœuvre à l’État. Selon ses explications, 25 % des recettes de l’État sont actuellement consacrées au paiement des intérêts de la dette.

Le ministère précise de son côté que le PTDS doit s’inscrire dans une démarche concertée avec les créanciers internationaux et que la dette libellée en francs CFA restera hors du champ du dispositif. Le Sénégal a par ailleurs annoncé son intention de recourir au Cadre commun du G20, dans une version améliorée, pour traiter une partie de sa dette.

Pour le Frapp, ces explications ne suffisent pas à dissiper les inquiétudes. Souleymane Guèye soutient que le FMI sait, selon lui, que les politiques de restructuration ou d’ajustement ne permettent pas de régler durablement les difficultés des pays endettés.

Le mouvement entend donc poursuivre la mobilisation et appelle à un débat national sur les choix économiques du Sénégal.

Cette controverse intervient dans un contexte financier particulièrement tendu pour Dakar, après la découverte d’importantes irrégularités dans la déclaration de la dette publique sous l’ancienne administration. Le FMI avait suspendu un précédent programme de financement avant de renouer les discussions avec les autorités sénégalaises. Le nouvel accord doit désormais franchir l’étape de l’approbation du Conseil d’administration de l’institution.

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