Gouvernement Al Amine Lo : PASTEF frappe fort et écarte Yankhoba Diémé, premier symbole de la rupture
SENTV : La recomposition du paysage politique sénégalais s’accélère. Quelques heures seulement après la publication de la liste du nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre Al Amine Lo et validé par le président Bassirou Diomaye Faye, les premières sanctions politiques sont tombées au sein de PASTEF.
Premier visé : Yankhoba Diémé, désormais ministre des Forces armées dans la nouvelle équipe gouvernementale. Selon plusieurs responsables locaux du parti à Bignona, réunis en urgence lundi soir, l’ancien ministre des Infrastructures a été exclu des structures locales de PASTEF pour avoir accepté de rejoindre un gouvernement dont la composition est contestée par la direction du parti.
Dans une déclaration relayée après la réunion, les responsables locaux affirment que M. Diémé est « exclu d’office des rangs du parti » et retiré de l’ensemble des plateformes de coordination de la formation politique.
Une consigne de Sonko mise à l’épreuve
Cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions entre la direction de PASTEF et la présidence. Quelques heures avant l’annonce du nouveau gouvernement, Ousmane Sonko avait indiqué que son parti ne participerait pas à la nouvelle équipe gouvernementale issue des consultations avec le chef de l’État. Pourtant, plusieurs personnalités identifiées comme proches de PASTEF ou de sa mouvance ont accepté des portefeuilles ministériels.
La nomination de Yankhoba Diémé au ministère des Forces armées figurait parmi les principales annonces du nouveau gouvernement présenté lundi soir.
D’autres responsables dans le viseur
Au sein des cercles militants, la sanction infligée à Yankhoba Diémé est perçue comme un avertissement adressé à tous les cadres ayant choisi de répondre favorablement aux sollicitations de la nouvelle majorité gouvernementale.
Plusieurs noms circulent déjà parmi les responsables considérés comme ayant pris leurs distances avec la ligne fixée par la direction du parti, notamment Ibrahima Sy, Moussa Bala Fofana et Alioune Dione.
Du côté des alliés politiques, certaines figures ont également décidé de poursuivre leur collaboration avec le président Bassirou Diomaye Faye. Parmi elles figurent Cheikh Tidiane Dièye, Déthié Fall, Moustapha Guirassy, Boubacar Kamara ou encore Mamadou Lamine Dianté, illustrant la diversité des choix opérés dans ce contexte de reconfiguration du pouvoir.
Une fracture désormais assumée
Longtemps minimisées par les deux camps, les divergences entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye semblent désormais s’inscrire dans la durée. Le limogeage de Sonko de la Primature, son élection à la présidence de l’Assemblée nationale et la formation d’un gouvernement distinct de la ligne défendue par PASTEF ont profondément modifié les équilibres politiques du pays.
Pour de nombreux observateurs, l’exclusion de Yankhoba Diémé constitue bien plus qu’une simple sanction disciplinaire. Elle marque l’ouverture d’une nouvelle séquence politique où les anciens compagnons de route se retrouvent désormais dans des camps différents.
À moins de deux ans des prochaines grandes échéances électorales, cette bataille pour le contrôle de l’espace politique issu de l’alternance de 2024 pourrait redessiner durablement les rapports de force au sommet de l’État. Entre fidélité au parti, loyauté institutionnelle et ambitions politiques, le divorce entre les deux pôles du pouvoir sénégalais semble désormais consommé.