Maladies tropicales négligées : Le Sénégal endémique à 14 maladies, tous les 79 districts affectés

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Ce mardi est célébrée la Journée mondiale contre les maladies tropicales négligées (MTN). Le Sénégal est endémique à 14 MTN. Il faut noter que parmi elles, cinq sont à chimio prévention et neuf à prise en charge au cas par cas. L’épidémiologie des MTN sur notre pays est très variable, toutes les régions étant touchées par au moins cinq de ces infections et tous les 79 districts sanitaires sont diversement affectés avec des niveaux de co-endémicité différents.

Par exemple, près de 90 % des cas de schistosomiase dans le pays se concentrent dans les zones Nord et Sud-Est, dans le bassin du fleuve Sénégal. Plus de 70% des cas de lèpre sont enregistrés dans neuf régions, notamment à Dakar, Diourbel et Thiès.

En effet, le Sénégal ambitionne de mettre fin aux maladies tropicales négligées d’ici 2030, conformément aux Objectifs de développement durable avec leur inscription comme ligne d’action prioritaire dans le Plan national de développement sanitaire et social (PNDSS 2019-2028) l’adhésion à la nouvelle feuille de route de l’OMS 2021-2030.

« Les efforts déployés pour contrôler et éliminer les MTN dans notre pays s’intensifient. Les engagements politiques pour lutter contre les MTN sont nombreux », a expliqué le Docteur Ndèye Mbacké Kane en marge d’un atelier de formation des journalistes en santé population et développement (AJSPD).

Dans l’optique de renforcer la communication, le plaidoyer et la mobilisation des ressources pour lutter contre ces maladies, notre pays, avec l’appui des PTF, célèbre depuis 2021, chaque 30 janvier la Journée mondiale des MTN avec succès, journée qui a été reconnue par l’OMS lors de la 74ème Assemblée mondiale de la Santé.

« La célébration de cette journée constitue une occasion d’appeler chacun à soutenir l’élan grandissant pour le contrôle, l’élimination et l’éradication de ces MTN », a souligné la coordonnatrice du Programme national de lutte contre les maladies tropicales négligées.

Pour cette édition 2024, le ministère de la Santé et de l’Action sociale à travers le PNLMTN et la Direction générale de l’Action sociale (DGAS) avec l’appui des PTF, célèbre la 4e édition de la Journée mondiale des MTN et la 71e de la Journée mondiale de la Lèpre sous le thème « S’unir, agir, éliminer ».

Cette journée offre l’opportunité de mener des actions de communication, de sensibilisation et de plaidoyer pour renforcer la mobilisation, l’engagement de toutes les parties prenantes à travers une approche multisectorielle et d’une seule santé. Il s’agit d’une campagne annuelle, unique et mondiale d’éducation et de sensibilisation sur les MTN et la lèpre qui permet de toucher des millions de personnes avec des messages de prévention.

Ainsi, pour asseoir une bonne sensibilisation des populations sur les MTN, la lèpre et le thème de la journée mondiale, celle-ci doit être portée par différents acteurs de la communication parmi lesquels les journalistes, selon toujours la coordonnatrice.

Plusieurs milliards dépensés chaque année dans la lutte

Les maladies tropicales négligées coûtent chaque année aux pays l’équivalent de plusieurs milliards de dollars américains en coûts de santé directs, en pertes de productivité et en régression sur le plan socioéconomique et sur le niveau d’instruction. Les interventions pour combattre les maladies tropicales négligées ont été reconnues comme l’une des meilleures solutions de développement, étant donné leur contribution au bien-être humain et économique.

Les maladies tropicales négligées (MTN) constituent un groupe diversifié de maladies parasitaires, bactériennes, fongiques, non transmissibles et virales qui pèsent lourdement sur la santé de plus de 1,7 milliard de personnes dans le monde. Sur les 20 MTN répertoriées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Afrique est le continent le plus durement touché et supporte environ 40% de la charge mondiale des MTN. Les MTN provoquent d’immenses souffrances. Elles n’entraînent pas seulement des problèmes de santé physique et mentale, mais perturbent également les moyens de subsistance. Elles affaiblissent, défigurent, mutilent et peuvent être mortelles. Elles affectent le plus souvent les plus vulnérables, ceux qui vivent dans des communautés isolées et génèrent, chaque année, des cycles de pauvreté, mais aussi des frais de plusieurs milliards de dollars pour les pays en voie de développement.

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