Mandat présidentiel de 7 ans : Moundiaye Cissé dénonce une « remise en cause de la volonté populaire »
SENTV : La proposition visant à rétablir un mandat présidentiel de sept ans continue de susciter un vif débat sur la scène politique sénégalaise. Alors que certains responsables du mouvement Kiiraay, notamment Baye Mayoro Diop, plaident pour l’organisation d’un référendum afin de faire passer la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans, des voix s’élèvent déjà pour dénoncer cette initiative.
Parmi les opposants figure Moundiaye Cissé, directeur exécutif du Collectif des organisations de la société civile pour les élections (COSCE). Dans une réaction ferme, il estime que cette proposition constitue une grave erreur politique et remet directement en cause une décision déjà tranchée par le peuple sénégalais.
Selon lui, le retour à un septennat reviendrait à ignorer la volonté souveraine des citoyens qui s’étaient prononcés en faveur du quinquennat lors du référendum constitutionnel de 2016. Il considère qu’une telle démarche porterait atteinte aux acquis démocratiques du pays et créerait un précédent préoccupant en matière de respect des choix populaires.
Moundiaye Cissé qualifie ainsi cette initiative de « véritable farce » et n’hésite pas à parler d’« insulte aux Sénégalaises et aux Sénégalais », estimant qu’il est inapproprié de rouvrir un débat sur une question déjà arbitrée par les urnes.
À l’origine de cette controverse, les promoteurs de la réforme soutiennent qu’un mandat de sept ans offrirait davantage de stabilité institutionnelle et laisserait au chef de l’État le temps nécessaire pour mettre en œuvre des politiques publiques de long terme. Ils avancent également que cette durée favoriserait une meilleure mobilisation des ressources et une exécution plus efficace des grands projets de développement.
Le débat intervient dans un contexte où les questions liées aux réformes institutionnelles continuent d’alimenter les discussions au sein de la classe politique et de la société civile. Pour l’heure, aucune procédure officielle de révision de la durée du mandat présidentiel n’a été engagée, mais les prises de position des différents acteurs laissent présager des échanges nourris dans les prochaines semaines.