SENTV : Le tribunal correctionnel de Mbour a examiné, lundi dernier, une affaire de détournement présumé de fonds impliquant un agent de la Société d’exploitation et de gestion des autoroutes (SEGEA). P. M. Diallo, receveur affecté au poste de péage de Mbour, est accusé d’avoir soustrait près de 10 millions de francs CFA des recettes de l’entreprise.
Selon les éléments présentés à l’audience, les faits auraient été découverts à la suite d’un contrôle effectué en avril 2024. Une responsable du poste de péage de Kirène aurait constaté, à travers les images de vidéosurveillance, des irrégularités dans les opérations réalisées par l’agent. Les séquences visionnées montreraient notamment des encaissements qui n’étaient pas systématiquement enregistrés dans le système de gestion du péage.
Alertée, la direction du service de contrôle de la SEGEA aurait alors mis en place une surveillance discrète afin de vérifier les soupçons. Les vérifications menées durant plusieurs heures auraient permis de relever plusieurs anomalies, notamment l’ouverture de barrières sans enregistrement de passage et des encaissements effectués hors procédure.
À l’issue d’un contrôle de caisse réalisé sur place, les responsables auraient découvert un excédent de 84 500 francs CFA ainsi que plusieurs cartes non valides en possession du receveur. Ces constats ont conduit l’entreprise à saisir les autorités compétentes et à ouvrir une enquête interne.
Les investigations menées par la société auraient permis d’estimer le montant total du préjudice à 9,933 millions de francs CFA. Une plainte a ensuite été déposée auprès des services d’enquête.
Lors de son audition par les enquêteurs, le prévenu avait initialement contesté une grande partie des faits qui lui étaient reprochés, reconnaissant uniquement l’excédent retrouvé lors du contrôle. Toutefois, devant la juridiction correctionnelle, il aurait finalement admis les faits qui lui sont imputés.
À l’issue des débats, le représentant du ministère public a requis une peine de cinq ans d’emprisonnement ferme assortie d’une amende d’un million de francs CFA. De son côté, la SEGEA, constituée partie civile, réclame 15 millions de francs CFA au titre de la réparation du préjudice qu’elle estime avoir subi.
Le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 20 juillet prochain.