Philippe Maguilène Senghor : au cœur d’un centre de santé sous pression à Yoff

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SENTV : À l’entrée du Centre de santé Philippe Maguilène Senghor, l’activité ne faiblit pas. Patients, accompagnants et agents de santé se croisent dans un va-et-vient continu. Derrière cette apparente routine, l’établissement reste confronté à une difficulté devenue récurrente : sa vulnérabilité face aux fortes pluies.

Installé sur la route de l’aéroport à Yoff, le centre occupe une place importante dans l’offre de soins de Dakar. Des services de santé y sont assurés au quotidien et la structure joue, dans la pratique, un rôle qui dépasse celui d’un simple centre de santé. Le service ORL a notamment été réhabilité et équipé en 2025 grâce à l’appui de la Fondation LONASE.

Lors de notre passage, la question des eaux pluviales revient naturellement dans les discussions autour de l’établissement. Le site a encore fait parler de lui après les fortes pluies enregistrées à Dakar.

Le 15 septembre 2026, une pluie de 52 mm a touché notamment la zone comprise entre Yoff et le centre-ville. Le Centre de santé Philippe Maguilène Senghor avait alors été affecté par une accumulation d’eau. Les équipes de l’ONAS et les sapeurs-pompiers étaient intervenues pour procéder au pompage.

Quelques semaines plus tard, le problème s’est de nouveau posé. Le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement a indiqué qu’un incendie dans la cabine de pompage avait momentanément perturbé certains équipements du dispositif d’évacuation des eaux. Les équipes techniques de l’ONAS sont intervenues pour remplacer les équipements touchés, avec une reprise du pompage dans l’après-midi.

Un site particulièrement exposé

La vulnérabilité du centre ne serait pas uniquement liée à un problème de pompage. Selon une analyse présentée récemment par un expert de l’APEXI, le site aurait été implanté sur l’ancien chenal du marigot de Yoff, appelé Wouyag Guèdj, qui servait autrefois de voie naturelle d’écoulement des eaux vers la mer.

Cette configuration géographique, combinée à l’urbanisation progressive du secteur, contribuerait à expliquer les difficultés rencontrées lors des épisodes pluvieux importants.

Entre nécessité de soins et question de délocalisation

La répétition des inondations alimente désormais le débat sur l’avenir du centre. Le secrétaire général du SUTSAS, Mballo Dia Thiam, a récemment appelé à une délocalisation de l’établissement, estimant que les opérations de pompage ne constituent pas une réponse durable au problème.

Mais au-delà de cette controverse, une réalité demeure : Philippe Maguilène Senghor reste un point de recours pour de nombreux patients de Yoff et des quartiers environnants.

Le véritable enjeu est donc de parvenir à concilier la continuité des soins avec la sécurisation durable du site. Car derrière les murs du centre, ce sont des patients, des soignants, des équipements et des médicaments qui restent exposés à chaque épisode pluvieux majeur.

À Philippe Maguilène Senghor, la question dépasse ainsi celle d’une simple évacuation des eaux. Elle pose, plus largement, celle de la résilience des infrastructures sanitaires face aux effets des fortes pluies à Dakar.

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