Réforme du Bac au Sénégal : quatre grands parcours envisagés, ce qui pourrait changer à partir de 2027

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SENTV : Le baccalauréat sénégalais pourrait connaître une profonde restructuration dans les prochaines années. Le gouvernement a fixé au 30 janvier 2027 la date limite pour finaliser la réforme de l’examen. Réduction du nombre de séries, socle commun de connaissances, transformation de l’Office du Bac et éventuelle évolution des frais d’inscription : plusieurs changements sont actuellement sur la table.

Le Bac sénégalais se prépare à un tournant. À l’issue du Conseil interministériel consacré à la rentrée scolaire 2026-2027, le gouvernement a demandé aux ministères concernés de finaliser les travaux relatifs à la réforme du baccalauréat au plus tard le 30 janvier 2027. Cette réforme s’inscrit dans le chantier plus large de refondation du système éducatif et dans la mise en œuvre de l’Agenda national de transformation de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (ANTESRI).

À ce stade, il convient toutefois de faire une distinction importante : les orientations évoquées dans les travaux préparatoires ne constituent pas encore les règles définitives du prochain Bac. Les textes devant préciser les modalités d’application restent à finaliser.

Vers une réduction du nombre de séries

L’une des principales pistes étudiées concerne l’organisation des séries du baccalauréat. Le système actuel, marqué par une multiplicité de filières, pourrait être remplacé par un nombre plus limité de grands parcours.

Selon les recommandations issues des travaux techniques consacrés à la réforme, les 18 séries actuelles pourraient être regroupées autour de quatre grandes familles : sciences, numérique et innovation ; technologies et industries ; agriculture, environnement et agroalimentaire ; économie, gestion et sciences sociales.

Une telle évolution modifierait principalement la manière dont les élèves sont orientés et construisent leur parcours au lycée. Elle ne signifierait pas pour autant la disparition des disciplines actuellement enseignées.

Pour les élèves qui entreront en première durant cette période de transition, la question du calendrier sera donc déterminante. Le gouvernement n’a pas encore officiellement arrêté la session à partir de laquelle la nouvelle architecture du Bac sera appliquée.

Un socle commun pour tous les candidats

Autre piste majeure : l’introduction d’un socle commun de disciplines devant concerner l’ensemble des candidats, quelle que soit leur orientation.

Les travaux préparatoires évoquent notamment les langues, les mathématiques, les sciences et technologies, le numérique et l’intelligence artificielle, les sciences humaines, la philosophie, l’éthique ainsi que l’éducation physique et sportive.

L’objectif affiché est de réduire les cloisonnements entre les différentes filières et de renforcer les compétences transversales des futurs bacheliers.

Cette orientation rejoint d’ailleurs l’une des directives arrêtées par le gouvernement pour l’année scolaire 2026-2027, qui prévoit d’accélérer la refondation curriculaire et de renforcer les STEM, notamment les sciences, les technologies et les mathématiques.

Les frais d’inscription pourraient évoluer

La question financière figure également parmi les sujets sensibles associés à la réforme.

Les travaux préparatoires ont évoqué une augmentation des droits d’inscription au baccalauréat. Cette éventuelle évolution devra cependant être confirmée par les textes et décisions définitifs.

En parallèle, le gouvernement travaille déjà sur la transformation du fonctionnement de l’Office du Baccalauréat. Lors du Conseil interministériel consacré aux examens de juin 2026, le Premier ministre avait demandé la finalisation du processus de révision de son statut juridique afin de consacrer son autonomie administrative et financière et d’améliorer ses performances.

Une réforme qui touche aussi l’organisation de l’examen

Au-delà des séries et des programmes, la réforme concerne également la gestion matérielle du Bac.

La question du paiement des intervenants — surveillants, correcteurs, examinateurs et autres acteurs — fait partie des préoccupations gouvernementales. En juin 2026, les autorités avaient demandé la poursuite de la digitalisation du paiement des indemnités liées aux examens et concours.

Lors du Conseil interministériel du 25 septembre, le gouvernement a également demandé le règlement des indemnités d’examens dues aux enseignants au titre notamment du CFEE, du BFEM et du baccalauréat.

La réussite de la réforme dépendra aussi des capacités d’accueil des établissements.

Le gouvernement a demandé l’accélération du programme de construction de 2 500 salles de classe et ouvrages annexes, avec l’objectif de respecter les calendriers de livraison.

Cette mesure intervient dans un contexte où la pression démographique scolaire impose de renforcer les infrastructures, les équipements pédagogiques et les moyens humains.

La réforme du Bac ne se limitera donc pas à une nouvelle appellation des séries. Elle devra également s’accompagner d’une adaptation des programmes, de la formation des enseignants, des équipements numériques et de l’organisation des établissements.

Ce que les élèves doivent retenir

Pour l’heure, aucune nouvelle formule du baccalauréat n’est encore officiellement entrée en vigueur. Le gouvernement a fixé une échéance au 30 janvier 2027 pour finaliser les travaux, mais les modalités précises de transition restent à déterminer.

Les élèves actuellement au lycée doivent donc continuer à préparer leurs examens conformément aux programmes et aux séries en vigueur, en attendant les décisions réglementaires.

Une chose est néanmoins acquise : le Bac fait désormais partie des chantiers prioritaires de la refondation du système éducatif sénégalais. Entre réorganisation des séries, renforcement du socle commun et modernisation de l’Office du Bac, les prochains mois seront décisifs pour déterminer le visage du baccalauréat sénégalais de demain.

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