Rupture au sommet de l’État : Sonko dévoile les coulisses de son éviction et renvoie la responsabilité à Diomaye Faye.
SENTV : L’ancien chef du gouvernement détaille les échanges qui ont précédé son limogeage et attribue au président Diomaye Faye l’initiative de la séparation politique.
Pour la première fois depuis son départ de la Primature, Ousmane Sonko est revenu publiquement sur les circonstances ayant conduit à son éviction du gouvernement. Lors d’une déclaration prononcée ce mardi, le président de PASTEF a livré un récit détaillé des derniers échanges avec le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, tout en rejetant toute responsabilité dans la rupture qui a mis fin à leur collaboration au sommet de l’Exécutif.
Selon l’ancien Premier ministre, le tournant décisif est intervenu le 25 mai dernier, au lendemain de son intervention à l’Assemblée nationale. Il affirme avoir été convoqué par le Président de la République pour un entretien au cours duquel ce dernier lui aurait fait part de ses réserves concernant certaines de ses déclarations publiques.
« Il m’a expliqué qu’il devenait difficile de poursuivre notre collaboration », a rapporté Ousmane Sonko, estimant que cette rencontre marquait le début officiel de leur séparation politique.
L’ancien chef du gouvernement soutient toutefois que la question de son départ avait été évoquée bien avant cet épisode. Il affirme avoir proposé à plusieurs reprises une réorganisation des responsabilités au sein de la majorité, allant jusqu’à envisager un retour à l’Assemblée nationale si cela pouvait faciliter l’action du chef de l’État.
D’après son témoignage, cette option aurait systématiquement été rejetée par Bassirou Diomaye Faye. « Je lui ai toujours dit que si ma présence constituait un frein, je pouvais quitter l’Exécutif et continuer à soutenir le projet depuis l’Assemblée nationale », a-t-il déclaré.
Abordant leur ultime échange, Ousmane Sonko a indiqué avoir refusé de cautionner publiquement une séparation qu’il ne considérait pas comme son initiative. Selon lui, le Président souhaitait une communication commune présentant leur rupture comme consensuelle. Une proposition qu’il dit avoir rejetée.
« Je ne pouvais pas endosser cette décision. Si le chef de l’État estimait devoir me remplacer, il lui appartenait d’en assumer pleinement la responsabilité », a-t-il affirmé.
Le leader de PASTEF révèle également avoir été informé de son limogeage par message téléphonique dans la soirée, alors qu’il s’attendait à la poursuite des discussions engagées quelques jours auparavant. Quelques minutes plus tard, le décret nommant Ahmadou Al Aminou Lô au poste de Premier ministre était rendu public.
Malgré la portée politique de cette séparation, Ousmane Sonko s’est voulu serein sur la suite de son parcours. Évoquant son retour à son domicile de la Cité Keur Gorgui, il a conclu son intervention sur une note personnelle, affirmant avoir simplement pris acte de la décision présidentielle.
Cette prise de parole apporte un nouvel éclairage sur les relations entre les deux principales figures de la majorité et ouvre une nouvelle séquence politique dont les répercussions continuent d’alimenter le débat public.