« Un étudiant, un ordinateur » : le Trésor précise son rôle devant la commission d’enquête parlementaire

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SENTV : Le Directeur général du Trésor, Amadou Tidiane Gaye, et le Payeur général, Kor Faye, ont été auditionnés le mercredi 14 octobre 2026 par la commission d’enquête parlementaire sur le programme « Un étudiant, un ordinateur ». Au cœur des échanges : les mécanismes de paiement, le contrôle des dépenses publiques et un virement de 4,766 milliards de FCFA effectué en 2025 au profit de la Direction des bourses.

La commission d’enquête parlementaire poursuit ses investigations sur le programme « Un étudiant, un ordinateur ». Présidée par le député El Hadji Guèye, elle a entendu, mercredi 14 octobre 2026, à partir de 16 h 30, deux responsables du Trésor public : Amadou Tidiane Gaye, Directeur général du Trésor, et Kor Faye, Payeur général du Trésor.

Cette audition conjointe visait à éclairer les parlementaires sur les responsabilités du Trésor dans la chaîne de dépenses liée à cette initiative destinée à faciliter l’accès des étudiants aux outils informatiques.

Des contrôles centrés sur les pièces de paiement

Au cours de leur intervention, les deux responsables ont expliqué que les crédits affectés au programme étaient des crédits de transfert logés dans un compte de dépôt. Ils ont également détaillé les vérifications effectuées par le Trésor avant tout décaissement.

Selon leurs explications, trois éléments sont notamment examinés : le bon d’engagement, la décision de versement et la signature du gestionnaire du compte, dont le spécimen est préalablement déposé auprès des services compétents.

Une fois ces pièces jugées conformes à la réglementation, le règlement est effectué par virement bancaire ou par chèque établi au nom du fournisseur.

Interrogés sur le contrôle de la procédure de passation des marchés, Amadou Tidiane Gaye et Kor Faye ont toutefois précisé que cette mission ne relevait pas directement de leurs attributions. Ils ont renvoyé cette responsabilité au gestionnaire du compte, rattaché au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

Le régime dérogatoire au Code des marchés publics en question

Les députés ont également cherché à savoir si le programme « Un étudiant, un ordinateur » pouvait bénéficier d’une dérogation au Code des marchés publics.

En réponse, le Directeur général du Trésor a indiqué que certains programmes pouvaient effectivement être soumis à des régimes dérogatoires. Il n’a cependant pas précisé si le dispositif examiné par la commission entrait dans cette catégorie.

La question d’un éventuel fonds de garantie spécialement consacré au programme a aussi été soulevée. Sur ce point, les deux responsables ont déclaré ne disposer d’aucune information à communiquer aux parlementaires.

Un virement de 4,766 milliards de FCFA confirmé

L’un des points importants de l’audition concerne une opération financière réalisée en 2025. Le Payeur général du Trésor a confirmé le transfert de 4 milliards 766 millions de FCFA vers Ecobank Sénégal, au profit de la Direction des bourses.

Cette opération était liée au dispositif prévoyant le versement de 250 000 FCFA à chaque étudiant pour l’acquisition d’un ordinateur. D’après les explications fournies devant les députés, le virement avait été effectué sur la base d’une opération signée par le régisseur de la Direction des bourses.

Cette confirmation apporte un éclairage sur le circuit financier du programme. Elle ne constitue toutefois pas, à elle seule, une conclusion sur la régularité de l’ensemble des opérations ni sur l’utilisation finale des fonds.

Le rapport de l’ARCOP également évoqué

Les échanges ont enfin porté sur le rapport de l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP). À ce sujet, Amadou Tidiane Gaye a indiqué avoir été sollicité pour donner son avis, tout en précisant qu’il n’avait pas pris connaissance du document lui-même.

Au terme de cette audition, plusieurs éléments relatifs aux procédures de paiement et à la répartition des responsabilités ont ainsi été exposés. Les questions portant sur les conditions de passation des marchés, l’existence d’un éventuel fonds de garantie et l’application d’un régime dérogatoire restent toutefois à clarifier.

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