SENTV : La Commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner le programme « Un étudiant, un ordinateur » a poursuivi ses auditions, mercredi 7 octobre 2026. Quatre responsables ou anciens responsables du ministère de l’Enseignement supérieur ont été entendus. Leurs témoignages font apparaître une connaissance limitée du dispositif au sein de plusieurs structures administratives.
La lumière continue de se faire sur les conditions de mise en œuvre du programme « Un étudiant, un ordinateur ». Réunie mercredi, la Commission d’enquête parlementaire a auditionné successivement Mountaga Dia, Abdou Kadri Diatta, Cheikh Diop et Saliou Abdoulaye Ngom.
Premier à être entendu, Mountaga Dia, ancien coordonnateur de la Cellule de passation des marchés, a affirmé ne pas avoir été saisi du programme durant la période où il occupait ses fonctions. Il a expliqué en avoir pris connaissance lors d’une réunion consacrée à la programmation budgétaire, avant d’être associé au dispositif en 2025.
Cette déclaration a été suivie par celle d’Abdou Kadri Diatta, président de la Commission de passation des marchés. Lui aussi a indiqué ne pas avoir été saisi du dossier. Il a notamment expliqué que le programme ne figurant pas dans le plan de passation des marchés publics, il ne relevait pas, selon lui, du circuit habituel de la commission.
Une enquête interne sur les allocations de 250 000 francs CFA
Les parlementaires ont ensuite auditionné Cheikh Diop, inspecteur des Affaires administratives et financières. Nommé en 2026, celui-ci a présenté les missions de l’Inspection interne, placée sous l’autorité du cabinet du ministre et chargée notamment du contrôle des directions, services et agences relevant du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.
Cheikh Diop a indiqué n’avoir découvert l’existence du programme qu’après avoir reçu une mission du ministre portant sur les allocations de 250 000 francs CFA accordées aux étudiants dans le cadre du dispositif.
Il a précisé avoir mené les investigations demandées et finalisé un rapport, transmis par la suite au ministre.
Dernier responsable auditionné, Saliou Abdoulaye Ngom, directeur de l’Administration générale et de l’Équipement (Dage), a été interrogé sur ses prérogatives et ses relations avec les différentes structures du ministère.
Nommé en septembre 2025, le responsable a déclaré ne pas avoir eu connaissance du programme sur la période 2017-2025. Comme les autres responsables entendus, il a expliqué en avoir pris connaissance lors d’une réunion de programmation budgétaire.
Selon ses explications, la Dage n’était pas directement impliquée dans l’exécution du programme, à l’exception du volet concernant l’allocation de 250 000 francs CFA destinée aux étudiants pour l’acquisition d’un ordinateur.
Les différentes auditions font ainsi apparaître une série de déclarations convergentes : plusieurs responsables occupant des fonctions centrales dans la chaîne administrative affirment ne pas avoir été associés, ou informés, de manière directe du programme au cours des périodes concernées.
Ces témoignages alimentent les interrogations de la Commission d’enquête sur le circuit administratif et financier ayant entouré « Un étudiant, un ordinateur », notamment sur les procédures de passation des marchés, le rôle des différentes structures du ministère et les modalités d’attribution des allocations aux étudiants.
À ce stade, les déclarations recueillies constituent des éléments versés aux travaux de la Commission. Elles devront être confrontées aux autres témoignages, documents administratifs et pièces financières examinés par les parlementaires avant toute conclusion définitive sur les éventuelles responsabilités.