Révision constitutionnelle : Alioune Tine appelle au dialogue et met en garde contre une réforme imposée par la majorité

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SENTV : Le débat autour de la proposition de loi portant révision de la Constitution, initiée par les députés du groupe parlementaire Pastef, continue de susciter de vives réactions dans la sphère politique et au sein de la société civile sénégalaise. Parmi les voix qui se sont élevées ces dernières heures figure celle de Alioune Tine, qui appelle les autorités à privilégier le consensus plutôt qu’une démarche fondée sur le seul rapport de force parlementaire.

Intervenant ce vendredi 26 juin 2026, le fondateur de l’organisation Afrikajom Center a estimé qu’une réforme de la Loi fondamentale ne saurait être menée sur la base de la seule majorité numérique détenue à l’Assemblée nationale.

« Le peuple ne se définit pas uniquement par la majorité des électeurs », a-t-il soutenu, rappelant que la démocratie implique également la prise en compte des sensibilités minoritaires et des différentes composantes de la nation. Selon lui, ignorer ces voix risquerait d’accentuer les fractures politiques et sociales autour d’un texte aussi structurant que la Constitution.

Pour étayer son argumentaire, Alioune Tine a évoqué le précédent du 23 juin 2011, date marquante de l’histoire politique récente du Sénégal, lorsque une forte mobilisation citoyenne avait conduit au retrait du projet de réforme constitutionnelle porté à l’époque par le pouvoir en place. Une séquence qu’il considère comme un rappel de l’importance du dialogue dans la conduite des grandes réformes institutionnelles.

Le défenseur des droits humains a ainsi lancé un appel pressant aux autorités et aux acteurs politiques en faveur d’une concertation élargie. Son message tient en trois mots : « Dialoguer, dialoguer, dialoguer ».

Cette position s’inscrit dans la continuité des prises de parole qu’il avait déjà formulées ces derniers mois, plaidant pour que les réformes électorales et constitutionnelles fassent l’objet soit d’un consensus politique large, soit d’une consultation populaire par voie référendaire.

Les interrogations autour de la méthode employée pour mener cette révision sont également partagées par plusieurs observateurs de la vie publique. Parmi eux, Lansana G. Sakho avait récemment regretté ce qu’il considère comme une polarisation excessive du débat politique, estimant que « l’on construit davantage des électeurs que des citoyens ».

Alors que les discussions s’annoncent animées au sein de l’hémicycle et dans l’espace public, les appels au dialogue et à l’inclusivité pourraient peser dans la suite du processus constitutionnel engagé par la majorité parlementaire.

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