Kédougou : deux Nigérianes exploitées dans la prostitution, une suspecte déférée au parquet

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SENTV : L’Antenne régionale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) de Kédougou a mis au jour une affaire présumée de traite de personnes à des fins d’exploitation sexuelle. Une femme soupçonnée d’être au cœur du dispositif a été conduite au parquet le 5 août 2026.

L’enquête a démarré le 4 août, après que les éléments de la DNLT ont été alertés de la présence, à Sambrabougou, dans le département de Saraya, de deux jeunes femmes de nationalité nigériane qui auraient été convoyées jusqu’au Sénégal pour être exploitées dans la prostitution.

Selon les renseignements recueillis par les enquêteurs, les deux présumées victimes avaient d’abord été installées à Douta, avant d’être transférées à Sambrabougou. Elles auraient ensuite été contraintes de se prostituer afin de rembourser les frais liés à leur voyage vers le Sénégal, fixés à 1,5 million de francs CFA pour chacune.

Les policiers se sont rendus dans les deux localités afin de retrouver les jeunes femmes et d’identifier la personne soupçonnée de les exploiter. Interpellées séparément à leurs domiciles, les deux Nigérianes ont livré aux enquêteurs des déclarations allant dans le sens d’une exploitation sexuelle sous contrainte financière.

Des sommes versées pour « racheter » leur liberté

D’après les auditions, l’une des victimes aurait déjà remis la totalité des 1,5 million de francs CFA réclamés et devait, selon les informations recueillies, retrouver sa liberté dans la semaine. La seconde aurait versé 700 000 francs CFA et devait encore s’acquitter de 800 000 francs CFA.

Face aux enquêteurs, la principale mise en cause aurait reconnu avoir organisé leur venue au Sénégal. Elle a déclaré avoir obtenu la première jeune femme pour 500 000 francs CFA et la seconde pour 300 000 francs CFA, auprès de compatriotes nigérians établis à Cotonou et d’un autre individu résidant dans l’État de Benue, au Nigeria.

Elle aurait ensuite pris en charge l’organisation de leur déplacement vers le Sénégal.

Interrogée sur la destination des revenus tirés de l’activité des deux jeunes femmes, la suspecte aurait reconnu en avoir utilisé une partie pour couvrir des dépenses personnelles.

Elle aurait notamment évoqué des frais médicaux liés à un accouchement par césarienne, le paiement du loyer de son logement à Douta ainsi que la prise en charge des besoins de ses trois enfants restés au Nigeria.

Au terme de l’enquête, la mise en cause a été présentée au parquet de Kédougou le 5 août 2026 pour des faits présumés d’association de malfaiteurs, de proxénétisme et de traite de personnes.

Cette affaire remet en lumière les mécanismes d’exploitation auxquels peuvent être confrontées certaines personnes migrantes, notamment lorsque leur déplacement est organisé sur la base d’une dette financière utilisée ensuite comme moyen de contrainte.

La Police nationale rappelle par ailleurs que la lutte contre le trafic de migrants, la traite des personnes et les pratiques assimilées demeure une priorité. Elle invite les citoyens à signaler toute information susceptible d’aider les enquêteurs au numéro gratuit 800 00 17 00.

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