Déclaration de patrimoine : l’OFNAC signale des retards parmi des responsables de la Présidence et du parapublic
SENTV : L’Office national de lutte contre la Corruption (OFNAC) maintient la pression sur les assujettis à la déclaration de patrimoine. Dans une récente mise à jour consacrée notamment aux responsables relevant de la Présidence de la République et de structures sous tutelle, l’organe de contrôle fait apparaître plusieurs personnes n’ayant pas encore régularisé leur situation.
La publication de l’OFNAC remet au premier plan la question du respect des obligations de transparence au sein de l’administration publique. Plusieurs responsables occupant des fonctions importantes sont ainsi répertoriés comme étant en situation de non-conformité au regard de l’obligation déclarative.
Parmi les noms cités figurent notamment Fatou Isidora Mara, représentante personnelle du chef de l’État auprès de la Francophonie, Abdoulaye Bathily, envoyé spécial, ainsi que Mamadou Ndiaye, chef du service du protocole présidentiel.
La liste concerne également des responsables évoluant dans différentes structures publiques et organismes de régulation. Des cadres de la Commission de protection des données personnelles (CDP), du Comité national de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (CN-ITIE) et de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP) y sont mentionnés.
Plusieurs structures parapubliques concernées
Le suivi de l’OFNAC ne se limite pas aux services directement rattachés à la Présidence. Le secteur parapublic est également concerné par ces rappels à l’ordre.
À l’APIX-SA, certains postes de responsabilité, notamment au niveau de la direction générale adjointe et de la direction administrative et financière, apparaissent parmi les situations signalées. D’autres fonctions à caractère financier ou comptable sont également concernées au FONSIS, à la SOGEPA et à la HASSMAR.
Des responsables du Centre des hautes études de défense et de sécurité (CHEDS), de l’intendance et des services financiers du Palais sont également cités, de même que certains responsables de la DER/FJ et du Haut Conseil du Dialogue social.
Une obligation encadrée par la loi
Au Sénégal, la déclaration de patrimoine constitue un mécanisme de prévention destiné à renforcer la transparence dans la gestion des affaires publiques et à suivre l’évolution du patrimoine des personnes soumises à cette obligation. L’OFNAC précise que son Département Déclaration de Patrimoine est chargé de recevoir, contrôler et conserver les déclarations des assujettis.
Le dispositif a par ailleurs été renforcé par la loi n° 2025-13 relative à la déclaration de patrimoine, ainsi que par son décret d’application de novembre 2025.
Dans son rapport d’activités 2024, l’OFNAC indiquait avoir recensé 1 766 personnes ou positions soumises ou ayant été soumises à cette obligation au 31 décembre 2024. Parmi elles, 969 étaient encore en fonction dans des postes concernés par la déclaration, tandis que 797 avaient quitté leurs fonctions mais restaient suivies pour leurs obligations déclaratives.
La mention d’un responsable dans une liste de défaillants traduit donc un manquement à l’obligation de déclaration à la date du suivi, et ne constitue pas, à elle seule, une preuve de corruption ou d’enrichissement illicite.
À travers cette opération de suivi, l’OFNAC entend ainsi rappeler que l’obligation de transparence concerne l’ensemble des personnes assujetties, y compris celles occupant des postes de responsabilité au sommet de l’État et dans les grandes structures publiques. L’enjeu est de renforcer la traçabilité du patrimoine des gestionnaires publics et, plus largement, la reddition des comptes.
